Plateforme de la filière auto : Le Lean, planche de salut ?

Plateforme de la filière auto : Le Lean, planche de salut ?

La Cité du... train (!) de Mulhouse accueillait, mi-décembre, une conférence sur la Plateforme de la filière automobile (PFA).

«Aller chercher les 20 à 30% de différence de compétitivité qui nous séparent des pays à bas coûts». Cette formule de Patrice André, responsable du groupe ?Système de production? au sein de la Plateforme de la filière automobile, résume les défis auxquels est confrontée la filière automobile française, et alsacienne en particulier. Répondant à l'invitation de Perfoest, qui regroupe les équipementiers automobiles alsaciens et franc-comtois, les responsables de la Plateforme de la filière automobile (Cf. encadré) sont venus faire l'apologie du Lean Manufacturing, appuyant ainsi le projet d'ouverture d'une école du Lean d'abord en Franche-Comté, ensuite en Alsace (Cf. JDE numéro 29). Basé sur le principe d'amélioration continue, d'optimisation des process et d'élimination de ce qui ne contribue à pas à créer de la valeur ajoutée, le Lean est déployé chez la plupart des grands équipementiers et chez les constructeurs depuis plusieurs années. En lançant le chantier en 2001, PSA Peugeot-Citroën n'était pas le plus en avance. Mais très vite, cela a permis des gains notables de productivité, accélérés lorsque l'entreprise s'est associée, en 2005, à Toyota pour produire les C1, 107 et Aygo. Et désormais, c'est à tous les niveaux, de la conception du produit jusqu'à sa commercialisation, que ce modèle d'excellence est déployé, a rappelé Jean Mouro, directeur de l'usine de Mulhouse. Mais si le Lean peut faire son chemin dans un groupe de cette taille, sous l'impulsion d'un dirigeant ou d'un chef de projet, il semble plus difficile de l'imposer à une multitude d'équipementiers, même regroupés au sein d'un réseau tel que Perfoest. «Nous devons démythifier le Lean», soutient Georges Lammoglia, président de Perfoest, qui est aussi le relais local de la PFA. Et convaincre les dirigeants de ses enjeux. Opérationnelle dans le courant de 2010, la première école du Lean verra le jour à l'UTBM. Elle sera vite suivie par d'autres établissements en Alsace. «Nous devons parvenir à entraîner 80 entreprises dans les quatre années qui viennent», avance Georges Lammoglia, dont 10 dès l'an prochain. Un challenge qui doit permettre à la filière de renouer avec la création de valeur ajoutée.




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