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Pichon : Le mécanicien de l'Horme acquiert la chaudronnerie stéphanoise CTMB
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Pichon : Le mécanicien de l'Horme acquiert la chaudronnerie stéphanoise CTMB

L'usineur de pièces de grande dimension, Pichon, prend une participation majoritaire dans la chaudronnerie CTMB, un de ses fournisseurs. Objectif : proposer une offre globale aux clients. Deux millions d'euros sont investis pour rapatrier l'entreprise de David Ballestrin dans un nouveau bâtiment jouxtant Pichon.

« Nos fournisseurs, les chaudronneries de la région ont des difficultés. La plus importante (Carchi NDLR) est tombée il y a quelques mois. Dans ce contexte, il devenait primordial de sécuriser nos positions. Nos clients nous poussaient à chercher une solution d'offre globale ». Yannick Marcon, directeur général, et son oncle Jean-Robert Pichon, président de la PME familiale de l'Horme spécialisée dans l'usinage et l'assemblage de pièces de grande dimension (60 salariés ; CA 2016 : 8 millions d'euros ; RN : NC) ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes en acquérant la chaudronnerie stéphanoise CTMB dirigée par David Ballestrin (CA 2016 : 1,6 millions d'euros ; 20 salariés ; RN 15 : -98.900 euros). Ce dernier est désormais actionnaire minoritaire, mais reste aux manettes opérationnelles de l'entreprise fondée par son père en 1987.

Regroupement sur un même site

« L'entreprise Pichon est cliente de CTMB depuis 2010 environ. Depuis, elle a tiré notre croissance en nous ouvrant son réseau. C'est en grande partie grâce à elle que nous avons doublé notre activité entre 2014 et 2016. En 2017, nous devrions encore croître de plus de 30 % ». En 2015, Pichon entre au capital de CTMB de façon minoritaire pour construire « un projet global ». L'association des deux entreprises et des hommes fonctionne alors parfaitement. « Nous sommes de la même génération avec Yannick Marcon, nous nous comprenons. J'ai trouvé chez Pichon un partenaire de confiance », se réjouit David Ballestrin. Reste néanmoins une problématique : les deux PME n'ont pas la même capacité de levage, - jusqu'à 130 tonnes chez Pichon ; cinq tonnes maximum chez CTMB -, un élément crucial pour une offre globale sur de l'usinage de grande dimension. « Nous avons essayé d'adapter notre site de Saint-Étienne, mais c'était impossible, les contraintes étaient trop importantes ». La décision est donc prise de déménager et d'investir dans des capacités de levage adéquates. Le déménagement devrait avoir lieu dans les toutes prochaines semaines, dans un bâtiment neuf, jouxtant l'entreprise Pichon. « L'investissement total, avec de nouvelles machines dont une capacité de levage de 50 tonnes, est de deux millions d'euros. Je n'aurais pas pu le porter seul. Nous avons grandi très vite, ce qui a engendré quelques soucis de BFR. Les banques nous ont demandé des garanties que je n'ai pas pu apporter. L'entreprise Pichon a donc réinvesti de façon plus importante dans le capital pour sécuriser l'opération et les banques ». David Ballestrin précise : « Mon objectif est de recouvrer la majorité d'ici deux à cinq ans ». Pour Yannick Marcon, quatrième génération à la tête de l'entreprise Pichon, difficile pour l'instant de s'avancer sur des objectifs de chiffre d'affaires. « Cette association nous permet déjà de rester parfaitement positionnés face à la concurrence ».

Réorganisation de CTMB

Dans ce rapprochement avec Pichon, CTMB historiquement positionnée à parts égales sur la chaudronnerie et la tôlerie fine, recentre son activité sur les ensembles mécano-soudés et les équipements sous pression. « Nous serons plus efficaces avec une seule spécialité ». Au premier juillet, David Ballestrin cède ainsi son activité tôlerie et cinq salariés à deux ingénieurs quadra : Pierre Gérentes et Alexandre Gidrol (voir ci-contre). À terme, David Ballestrin n'exclut pas d'embarquer cette nouvelle entreprise, fruit de ses entrailles, dans une offre encore plus globale avec Pichon.

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