Philippe Deysine (Novalog) : « Un destin commun entre la Normandie et l'IDF »
Interview # Logistique # Innovation

Philippe Deysine directeur de Novalog Philippe Deysine (Novalog) : « Un destin commun entre la Normandie et l'IDF »

Évalué par l'État en 2016, avec succès, le pôle de compétitivité Nov@log, dédié à l'innovation logistique, doit désormais se tourner vers l'avenir. Son directeur Philippe Deysine dresse la feuille de route du pôle.

Philippe Deysine, pouvez-vous nous rappeler dans quel contexte est intervenue cette évaluation de mi-parcours commanditée par l'État ?

Philippe Deysine : Nous sommes engagés par un contrat de performance qui couvre la période 2013-2018, signé à l'époque avec la région Haute-Normandie et l'État, et rejoint par la Basse-Normandie début 2014. Il s'agit d'une feuille de route consistante qui fixe des objectifs à trois et à six ans. Nous avons fait l'objet en 2016 d'une évaluation qui, en résumé, nous dit que l'État n'a, selon les termes du rapport, aucune inquiétude quant à la capacité de Novalog d'atteindre ses objectifs en 2018.

L'État envisageait-il réellement en 2012 de mettre en cause l'existence même de Novalog ?

P.D. : Notre sortie de Logistique Seine Normandie (LSN) répondait à une demande de l'État qui conditionnait la relabellisation du pôle à un changement de gouvernance, estimant que celle d'un pôle n'est pas la même que celle d'une filière. Les acteurs ne sont pas les mêmes, et n'ont pas la même logique. Cet audit confirme le fait que le pôle a su répondre aux attentes.

Le pôle était historiquement très normand, voire très havrais. Qu'en est-il en 2017 ?

P.D. : Il a été décidé en 2013 de renforcer notre ancrage en Ile-de-France. Avant cela, nous étions très territorialisés. C'est tout le sens de la feuille de route que nous avons signée : la Normandie est une opportunité pour l'Ile-de-France et la Vallée de la Seine dans son ensemble. Il n'est pas question de tropisme parisien, mais la réalité c'est que la RD & I se passe aussi beaucoup là-bas. Et le rôle d'un pôle de compétitivité est de faire émerger l'innovation. La réalité c'est qu'il n'y a pas de concurrence territoriale mais bien des intérêts partagés entre la Normandie et l'Ile-de-France en matière de logistique !

Même lorsqu'il s'agit d'implantation d'entreprises ?

P.D. : Qu'est-ce qui compte dans les modèles d'implantation ? Les centres de consommation. Ensuite, c'est la compétitivité globale des flux qui va fixer l'activité. Il y a un destin commun entre la Normandie et l'Ile-de-France, même si les enjeux des territoires sont différents : Le Havre veut être le point d'entrée des marchandises quand Paris pense davantage à l'optimisation du dernier kilomètre et à la reverse logistique, un enjeu beaucoup plus francilien que normand.

La mise en œuvre de la loi de décentralisation vous oblige-t-elle à faire évoluer la gouvernance de Novalog ?

P.D. : La question est plutôt celle de la gouvernance globale des choses, l'articulation entre l'État et la région. Ce n'est pas une question de moyens, mais plus une question de stratégie : est-ce que la logistique est considérée comme un sujet d'intérêt national, comme peut l'être le nucléaire par exemple ? C'est le sens de la démarche France Logistique 2025 portée par le ministère de l'Économie et celui des Transports à laquelle Novalog est associée.

Les régions ne sont-elles pas appelées à prendre un rôle plus important dans le financement des pôles de compétitivité ?

P.D. : L'équilibre des financements État/Région est vraisemblablement amené à évoluer. Pour ce qui est de 2017, l'État sera présent et financera le pôle au côté de la région Normandie. Il y a un consensus sur le fait que le contrat de performance doit aller à son terme. Le sujet en 2017 pour Novalog, c'est l'anticipation de l'évolution de son modèle économique. Le financement public est lié au fait que nous travaillons avec des PME et des TPE qui ont du potentiel mais peu de moyens. Avec la raréfaction de l'argent public, nous devons trouver d'autres sources de financement, et pourquoi pas la monétisation de services. Sans changer fondamentalement ce que nous faisons.

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