Pharmagest : Un projet dans l'e-santé
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Pharmagest : Un projet dans l'e-santé

Avec le soutien d'un réseau de partenaires, le leader français de l'informatique officinale, Pharmagest Interactive, se lance dans le projet E-Chronic/E-Nephro. Objectif : montrer que la télémédecine permet de réaliser des économies.

« Il y a 68.000 patients insuffisants rénaux chroniques en France dont le traitement, par dialyse ou par greffe, a un coût pour la collectivité de 4 Md € », détaille Dominique Pautrat, le directeur général de Pharmagest Interactive. « Avec le projet E-Chronic/E-Nephro, nous prétendons que nous pouvons mieux soigner les patients, pour un coût inférieur ». Après un an et demi de réflexion et six mois de travail pour répondre à un appel à projet e-santé sur le « développement de services numériques pour la santé et l'autonomie », dans le cadre des investissements d'avenir, E-Chronic/E-Nephro devient aujourd'hui une réalité : « Nous avons réussi à convaincre au niveau du ministère. Je crois que l'environnement lorrain autour de l'e-santé nous a permis d'être sélectionnés. Notre réseau de partenaires, que ce soit le CHU de Brabois, le Loria ou encore les collectivités, il n'y a pas de barrière et pas de difficulté pour travailler ensemble », affirme Dominique Pautrat. Concrètement, le projet retenu vise à développer des services de télémédecine pour le dépistage et la prise en charge de patients atteints d'insuffisance rénale chronique. « Nous avons élaboré un schéma de prise en charge idéal », détaille le directeur général de Pharmagest. Dans ce schéma, le leader de l'informatique officinal en France apporte plusieurs briques de savoir-faire.




Respect des prescriptions

Avec sa filiale Diatelic, Pharmagest possède un système capable de traiter les données issues des dispositifs de télémédecine ou d'e-santé afin de prévenir les professionnels de santé avant que les complications surviennent. Autre produit impliqué dans le projet, le pilulier intelligent DO-Pill Secure : en 2011, Pharmagest a pris 35 % des parts de la société canadienne, Domedic, qui a inventé cet appareil capable de suivre l'observance d'un traitement, d'alerter le patient en cas d'erreur et de transmettre des données vers le professionnel de santé. « Les enquêtes montrent que le pourcentage d'observance des prescriptions pour une maladie chronique est en moyenne de 70 % », précise Dominique Pautrat. Concrètement, en surveillant la bonne observance du traitement, le DO-Pill doit permettre aux patients d'être mieux traités. « Nos réflexions autour de l'e-santé date du début des années 2000 », se souvient Dominique Pautrat. « Le premier enjeu est de pouvoir se tourner vers le patient. » Dans un souci constant de trouver les services qui pourront être utiles aux pharmaciens, Pharmagest a anticipé le mouvement qui veut positionner le pharmacien comme premier recours. En 2009, la loi HPST a transformé la rémunération des pharmaciens, les faisant passer de négociants à prestataire de service. En 2011, une convention avec la Sécurité sociale change le système de rémunération en permettant aux pharmaciens d'obtenir 12,5 % de leur rémunération sur des services. « Le pharmacien comme premier recours, c'est un mouvement qui est déjà en marche dans l'Europe du Nord ou en Italie », affirme Dominique Pautrat. « Le rôle de Pharmagest, c'est de les accompagner avec les bons outils ».




Des perspectives vastes

Chef de file sur le projet E-Chronic/E-Nephro, Pharmagest s'est donnée trois ans pour réussir, et va investir 4,5 M€. Un risque très balisé, tant les perspectives ouvertes par la e-santé sont vastes. « Nous avons encore beaucoup de projets basés sur du matériel communicant », affirme Dominique Pautrat. Potentiellement, tout appareil médical mesurant des constantes chez un patient pourrait devenir communicant et jouer un rôle dans la prévention ou le traitement. Suivant toujours cette logique de service, Pharmagest a mis sur le marché Sellen, un robot capable de préparer automatiquement les commandes en pharmacie. Un système qui va permettre au pharmacien de rester avec le patient, de gagner du temps tout en gagnant de la place dans son officine.

Pharmagest



(Villers-lès-Nancy) Effectif : 750 personnes CA 2011 : 97,1 M€

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