On le présente volontiers comme l'homme qui avait prévu la crise. «Et bien ce n'est même pas vrai. Il y a deux ans, j'aurais été incapable de vous dire ce que je vais vous expliquer ce soir. Tout ce que je peux faire, c'est vous donner une grille de lecture géopolitique du monde actuel.» Une pointe d'autodérision, beaucoup d'humour, c'est sur un ton peu habituel qu'Alain Simon a entamé sa conférence, portant sur la «crise économique». Un ton franchement décalé, pour un propos encore moins conventionnel. Là où les économistes parlent de systémie, Alain Simon évoque la danse des sept voiles de Salomé pour mieux illustrer une crise qui touche tous les secteurs de l'économie, les uns après les autres. Selon le conférencier, pour comprendre l'état actuel du monde, il faut remonter à juillet1944, et les accords de Bretton Woods. «À cette date, le dollar devient une monnaie internationale. Et les Américains obtiennent le droit de faire de la dette extérieure, au nom de la lutte contre le communisme», détaille Alain Simon. Autre étape en 1971, où Nixon décide de l'inconvertibilité du dollar par rapport à l'or. Avant que sous l'administration Reagan soit réglé le problème du déficit américain par le système des bons du trésor. Finalement, pour Alain Simon, en rendant l'économie mondiale dépendante au dollar, «les Américains ont réussi le casse du siècle».
De la dette en héritage
Après le Japon, Alain Simon estime que c'est la Chine qui est désormais totalement soumise aux réserves de charge en dollar accumulées. «Les crises successives que nous observons, un gonflement important de la valeur avant un dégonflement brutal, ce ne sont que des flatulences dues à la digestion difficile par l'économie des masses monétaires en dollar», affirme Alain Simon. De débiteur en débiteur, les dettes se sont donc transmises jusqu'au plus solide, ou tout du moins celui dont on peut espérer que l'histoire soit la plus longue: l'État. Dans sa conclusion, Alain Simon estime qu'il vaut mieux «écrire l'histoire à crédit», en considérant notamment les risques d'explosion sociale, de guerre sur fond de dette politique et de religion: «Finalement, ce n'est pas si grave d'avoir de la dette à transmettre».
La conférence d'ouverture des Journées de l'entreprise en Meurthe-et-Moselle, organisée par les DCF et Starter, proposait les réflexions d'Alain Simon, géopoliticien et consultant d'entreprises, sur les origines de la crise.