Pays de Ploërmel : Revitalisation signée Vivendi
# Investissement

Pays de Ploërmel : Revitalisation signée Vivendi

La décision de faire appel à Vivendi pour revitaliser le tissu économique de Ploërmel par le biais d'aides aux entreprises semble faire l'unanimité. L'irruption de ce colosse international sur un si petit territoire presqu'à cheval entre deux départements suscite déjà l'espoir. Car le chômage galope à Ploërmel et les notables locaux n'ont pas l'intention de le laisser se répandre davantage. Les consultants mandatés du cabinet Géris préparent leur ingénierie financière. 150 emplois sont attendus à terme, avec un potentiel de5M€ injectés à cet effet dans l'économie ploërmelaise. Nicolas Mollé

Vivendi débarque dans le pays de Ploërmel. La multinationale a décidé de se pencher sur ce secteur touché par les suppressions de postes, avec 7,8% de demandeurs d'emplois en plus, dont 21% de jeunes de moins de 25 ans entre août2009 et août2010. Sans parler des déboires de la sous-traitance automobile: chez l'équipementier MPAP, 83 départs et 40 licenciements ont abouti l'an dernier à 123 suppressions de postes. Comment une multinationale a-t-elle été amenée à s'intéresser à ce petit bout de département de 15.000 personnes, à deux coups d'accélérateur de l'Ille-et-Vilaine? La maison de l'emploi y est toujours présidée par l'ancien maire Paul Anselin et son directeur n'est autre que François Guéant, fils du secrétaire général de l'Élysée. «On peut se demander si c'est le nom de François Guéant qui a permis d'attirer Vivendi à Ploërmel», formule Alain Sabourin, P-dg des Aciéries de Ploërmel. «Tant mieux en tout cas pour Ploërmel. Les élus sont dans leur rôle lorsqu'ils cherchent des solutions contre le chômage». Car le problème de Ploërmel, outre la faiblesse de son tissu de PME (voir ci dessous), c'est le manque d'un gros employeur qui pourrait servir de locomotive.




Avant et après Vivendi

Rayon chemin de fer, il y a bien la Scop Aciéries de Ploërmel, qui, justement, emploie 97 personnes à fabriquer des pièces métalliques pour les wagons. Mix Buffet à Guer emploie 365 personnes, dont certaines sont domiciliées en Ille-et-Vilaine. Ou encore les 200 salariés de Capsugel, le géant pharmaceutique. La pharmacie, voilà un secteur que connaît bien l'actuel président du Conseil de surveillance de Vivendi, l'ex-Aventis Jean-René Fourtou, prédécesseur de l'actuel président du directoire Jean-Bernard Levy. Ce spécialiste des télécoms est le dernier dirigeant d'une lignée amorcée avec Jean-Marie Messier qui, lorsqu'il était à la tête de Vivendi-Universal, aura durablement marqué l'histoire du capitalisme. Car il y a bien un avant et un après Vivendi.




Vache à lait

L'histoire du groupe aura été celle d'une diversification tous azimuts, sans précédent dans de telles proportions d'engagement. Depuis les services aux collectivités territoriales (eau, transport, environnement) jusqu'à l'industrie du divertissement, les télécoms... Avec une présence en Europe, aux États-Unis, en Afrique du Nord, au Brésil... C'est aussi le roman d'une grenouille qui se rêvait plus grosse que le boeuf. Car aucun groupe non plus n'aura été capable d'annoncer une perte comptable de 23Md€ en mars2003. Alors que Jean-Marie Messier déclarait un an auparavant que le groupe allait «mieux que bien». Il est probable que la facture Vivendi ait encore à être acquittée pendant de longues années. Même si l'activité environnement (désormais Veolia) a été cédée et est redevenue rentable. Et si le segment de téléphonie mobile SFR demeure une puissante vache à lait.




«Le bon sens»

En attendant, les chefs d'entreprises ploërmelais voient plutôt d'un bon oeil l'arrivée d'un tel ?player? sur leur territoire. «L'ensemble des chefs d'entreprises est favorable à ce projet», remarque Dominique Lamballe, président de Fenêtréa (271 personnes) à Beignon, à la fois membre du Cepac (Club d'entreprises du parc d'activités du Chênot) et du CEPP (Club des entreprises du pays de Ploërmel). «D'autant qu'il s'agit de fonds privés et non émanant de l'État.C'est une chance pour les entreprises d'accéder à des prêts bonifiés, sans qu'il y ait de contreparties au niveau local.» Son de cloche identique chez Denis Vaillant, jusqu'alors président de la délégation ploërmelaise de la CCI. «Je suis totalement pour, évidemment», souligne l'entrepreneur. «Vouloir créer des emplois à Ploërmel ne peut aller que dans le bon sens. Théoriquement, ils devraient pouvoir s'installer chez nous à Cométias, seul endroit où la CCI, la Chambre d'agriculture et la Chambre de métiers sont regroupées. Cela n'a pas pu se faire pour l'instant mais je suis certain qu'ils viendront. Ou alors ce serait une belle bêtise.»




Même voie près de Redon

À quelques kilomètres au sud-est, une démarche similaire est en train de voir le jour. Les élus locaux essaient de créer un pôle ferroviaire pour compenser la disparition programmée en 2011 de 400 emplois chez l'équipementier automobile Faurecia à Saint-Nicolas-de-Redon (Loire-Atlantique). L'arrivée de la ligne à grande vitesse en Bretagne va décidément être observée attentivement par le monde économique et des spécialistes du transport comme... Veolia.

# Investissement