Pays de la Loire : Cet homme a sauvé 100 entreprises de la faillite

Pays de la Loire : Cet homme a sauvé 100 entreprises de la faillite

Il se présente comme "l’urgentiste" des entreprises en difficulté. Jean-Baptiste Avrillier, est depuis 2013, commissaire au redressement productif dans les Pays de la Loire. Alors que tous les commissaires de France se réunissent en séminaire la semaine prochaine, Jean-Baptiste Avrillier fait le point sur la situation des entreprises en difficulté dans les Pays de la Loire.

En tant que commissaire au redressement productif, quelle est votre mission ?


Je suis l’ « urgentiste » des entreprises en difficulté. Mon rôle c’est d’accompagner les chefs d’entreprise. C’est un service gratuit. Un entrepreneur en difficulté peut m’appeler, je l’écoute et l’aiguille, fait le lien avec des organismes d’aide, eux aussi gratuits. Les entrepreneurs ne le savent pas forcément mais il existe pas moins de 13 dispositifs pour les aider. Par exemple, la banque de France peut proposer les services d’un médiateur de crédit pour négocier avec votre banque. Le CODEFI, instance qui regroupe les impôts et l’Urssaf, peut financer des audits et des diagnostics financiers pour votre entreprise. J’ai aussi un rôle de médiateur : je peux intervenir pour régler des conflits avec des clients ou des fournisseurs. Par contre, je n’ai pas de carnet de chèque ! Ce n’est pas moi qui délivre les aides financières.

Combien d’entreprises ont fait appel à vous ?

Actuellement nous suivons une centaine d’entreprises. On les aide depuis 3 mois pour certaines, d’autres depuis 3 ans. Nous recevons entre 60 et 70 nouveaux dossiers par an. Certains entrepreneurs nous appellent directement. Nous détectons aussi les entreprises en difficulté. Avec l’Urssaf et les impôts, nous essayons de détecter « les signaux faibles » : s’il y a des retards de paiement, une activité partielle, ou une entreprise qui ne fait plus appel à des intérimaires, cela nous interpelle. On appelle pour savoir s’il y a besoin d’aide.


Quelles entreprises sont en difficulté dans la région?

On remarque des difficultés sur des secteurs entiers. C’est lié à la conjoncture. En ce moment, c’est compliqué pour le secteur du para-pétrolier, à cause de la chute du prix du pétrole par exemple. Des sous-traitants du ferroviaire et de l’automobile subissent aussi une crise. En début d’année, nous avions beaucoup d’entreprises BTP. L’épidémie de grippe aviaire aussi a eu de graves conséquences en Pays de la Loire. Trois des cinq plus gros accouveurs ( spécialiste de l'élevage de volaille hors sol) sont en effet implantés dans la région. Ils ont dû détruire toute leur production…


Quelles sont les principales difficultés que vous observez ?


La plupart des entreprises sont en recherche de fonds propres, de trésorerie. C’est le cas des entreprises du BTP . La crise s’estompe, ils veulent redémarrer leur activité mais n’ont pas assez de cash pour relancer leurs investissements.

Comment les aidez vous ?


C’est toujours du cas par cas. On peut par exemple négocier avec le Trésor public pour échelonner la dette. On aide aussi à se diversifier, à revoir la stratégie. On accompagne jusqu’au tribunal de commerce si besoin. On voit des choses aberrantes. Par exemple une banque qui bloque un financement alors que l’entreprise est en train de redémarrer. Le fait qu’on suive ces entreprises suffit quelques fois à convaincre les décideurs. Notre présence rassure les partenaires de l’entreprise et adoucit les relations.


Combien d’entreprises avez-vous sauvé ?

Je dirais une entreprise sur deux qui nous a sollicitées, cela fait une centaine d’entreprises en tout. Certaines avec 10 salariés, d’autres avec plus de 400 salariés. Mais je ne vous donnerai pas les noms, c’est confidentiel !


Quel message voulez-vous envoyer aux entrepreneurs ?

L’expérience montre que plus on intervient tôt, plus on peut relever l’entreprise. Si vous avez un problème, ne restez pas isolé. Et n’attendez pas le dernier moment !