Pays de la Haute-Sarthe : La collectivité protège ses PME
# Conjoncture

Pays de la Haute-Sarthe : La collectivité protège ses PME

Pour faire face à la crise, la commission «Développement économique et services aux entrepreneurs» du Pays de la Haute-Sarthe a organisé une réunion avec les chefs d'entreprises du territoire le lundi 2mars, à Vivoin: des outils ont été mis à leur disposition.

«La situation économique n'est pas excellente. Elle l'est encore moins dans un département marqué par l'industrie automobile qui tourne au ralenti». C'est le patron départemental de la Banque de France qui le dit. Bernard Ramon n'y est pas allé par quatre chemins: «Le climat de confiance affiché par les chefs d'entreprises est au plus bas depuis 1993». Le poids de la crise n'est pas seulement économique. Il est aussi psychologique: «L'incertitude sur l'avenir pèse sur l'activité». À l'initiative du Pays de la Haute-Sarthe, les acteurs économiques de ce territoire du Nord Sarthe se sont retrouvés au prieuré de Vivoin. Au menu de cette soirée débat suivie par une centaine de chefs d'entreprises: la présentation sur un plateau de moyens pour faire face à la conjoncture. Médiation bancaire, Oséo, chômage partiel, formation professionnelle, les outils techniques et financiers pensés par le gouvernement sont sur le marché. Mais pas seulement. Localement, des solutions plus «psychologiques» sont à même d'aider l'entrepreneur: une cellule d'écoute ou un club des entrepreneurs peut être une alternative.




Le club, lieu d'échange et de confidence

Pour Laurent Hillion, président du club des industriels du Perche, à La Ferté-Bernard, un espace réservé aux patrons est indispensable. «Il y a neuf ans, raconte-t-il, nous nous sommes rendus compte que nos forces vives étaient isolées. Aujourd'hui, nous tenons six réunions par an. Cela nous donne l'occasion d'échanger entre nous., de partager nos expériences. Parce que la crise, il y a différentes manières de la lire». Les acteurs économiques du Pays de la Haute-Sarthe ont été invités à se prononcer sur la mise en place d'un réseau. Une fiche leur a été remise. Laurent Hillion, lui, est convaincu: «Dans le club, nous parlons aussi de la politique salariale de chacun; les salariés discutent entre d'une entreprise à l'autre. Depuis que le club existe, nous avons une vision du bassin qui est différente».




La cellule d'écoute: une oreille attentive

La CCI est à l'écoute. «En octobre2008, raconte Joël Grouas, directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie duMans et de la Sarthe, nous avons créé une cellule d'écoute pour les chefs d'entreprises dans le but de les orienter vers les bons organismes». Concrètement, sur 14.800 ressortissants, 45 ont été entendus. Ce chiffre est appelé à être revu à la hausse car «la cellule est amenée à être davantage sollicitée».




Médiation bancaire: osez affronter votre banquier

Affrontez votre banquier mais pas tout seul. La Banque de France est la disposition des chefs d'entreprises. Au niveau départemental, a été instaurée la médiation bancaire. Elle a pour but de ne pas laisser tomber les entreprises qui sont en difficulté. Chaque directeur de chaque Banque de France est devenu médiateur départemental. Celui-ci s'adresse aux entreprises saines qui auraient des problèmes de financement (celles qui se voient, par exemple, refuser d'accorder un crédit d'investissement). «L'entreprise nous saisit, détaille Bernard Ramon, directeur de la Banque de France de la Sarthe. Nous voyons si elle est éligible et nous envoyons un message à l'établissement bancaire, auquel elle est liée, qui a cinq jours pour revoir sa position. À l'extrême, nous pouvons chercher un autre organisme bancaire». Depuis le début de la médiation bancaire, 47 dossiers (dont 2 qui n'étaient pas recevables) ont été instruits: 19 ont été solutionnés, dont 12 avec une issue positive. Les 7 autres connaissaient déjà des difficultés bien avant la crise; celles-ci ont été redirigées vers le tribunal de commerce.

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