Patrick Ménard : Nouveau président de la FBTP Moselle
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Patrick Ménard : Nouveau président de la FBTP Moselle





Agnès Salmon, à la tête de la fédération du BTP de Moselle depuis avril2006, passe le relais de la présidence à Patrick Ménard. Ce père de trois enfants, la soixantaine dynamique, a pris ses fonctions le 28avril.


Vous avez été élu président le 28avril. Quel est votre parcours dans l'univers du BTP? Je suis Thionvillois de naissance. J'ai eu soixante ans le 1ermai. Je dirige l'entreprise Schumann (à Guénange), spécialisée dans le génie climatique depuis 1988. Avant j'exerçais en bureau d'étude en tant que libéral sur Thionville. Au niveau de la fédération je suis administrateur depuis 20 ans. Je suis encore président de la section professionnelle du génie climatique.
Quels sont vos projets à la présidence de la fédération? Je m'inscris dans la continuité du travail réalisé par mes prédécesseurs. Mais l'orientation sera tournée vers le traitement de la crise économique. L'action prioritaire sera de chercher les solutions pour que nos entreprises continuent de vivre et prospèrent. Cela passe par la cellule de crise animée par le préfet. Nous rencontrons aussi le conseil général et le conseil régional pour connaître leur position sur les points de relance. Qu'ils puissent s'exprimer sur le financier et les mises en chantier. Nous devons transmettre une lisibilité pour la fin de l'année à nos adhérents. Au niveau de l'État nous serons vigilants à la mise en chantier des 1.000 projets annoncés par le gouvernement. Nous allons aussi faire connaître les dispositifs nés du Grenelle de l'environnement comme le crédit à taux 0.
Quelle est la situation du secteur en Moselle?

C'est très difficile à quantifier. Pour un même corps de métier, les situations sont réellement disparates. Ce qui est certain c'est qu'il ne faut pas confondre immobilier et bâtiment. Si l'immobilier a forcément besoin des professionnels du bâtiment, l'inverse n'est pas vrai. Une entreprise qui est dans le bâtiment au sens large a des solutions. Le logement privé souffre, mais la réhabilitation reste soutenue. Nous avons le sentiment que les acteurs du logement social maintiennent leurs investissements. De plus la grosse inquiétude que nous avions sur la TVA à 5,5% a été levée. Nous comptons aussi sur le remboursement anticipé de la TVA qui devrait profiter à tous les acteurs du BTP qui travaillent avec les acteurs publics.
Mais le secteur rencontre bien des problèmes?
Bien sûr. La grosse difficulté vient des problèmes de trésorerie. Pendant plusieurs années, nos sociétés ont enregistré des croissances de chiffre d'affaires, sans que les marges augmentent. Il y avait donc de forts besoins en fonds de roulement. Avec la conjoncture, les besoins en fonds de roulement n'ont pas été complètement absorbés et ont un impact direct sur la trésorerie. Nous avons aussi toujours des difficultés quant aux délais de paiement. Il faut noter qu'en poids économique notre secteur pèse aussi lourd que l'automobile. Nous avons perdu 1.000 emplois sur la Moselle en un an, mais cela concerne plusieurs dizaines d'entités. Pour autant, nous continuons à recruter et à former pour compenser les départs en retraite.
Votre représentation nationale s'est positionnée contre le statut d'auto-entrepreneur. Pourquoi?
Nous demandons l'exclusion du secteur pour le statut d'auto-entrepreneur. C'est la bonne intention qui aboutit à une mauvaise idée. Cela crée clairement une concurrence déloyale et cela risque de ternir l'image de la profession. Nous pensons que cela peut s'appliquer pour tout ce qui est matière grise, mais pas lorsqu'il s'agit d'un savoir-faire. Ce ne sera pas possible de contrôler car la procédure sera déclarative. Cela fait des années que l'on se bat pour le statut de nos entreprises avec des exigences. L'auto-entrepreneur sera censé avoir un brevet niveau 5 ou trois années d'expérience dans le métier. Mais en terme de responsabilité, il devra aussi justifier d'une assurance décennale. Tout cela en intégrant que ce statut ne permet pas de réaliser plus de 32.000€ de chiffre d'affaires. Ce n'est vraiment pas bon pour nos métiers. Le propre salarié peut même concurrencer son entreprise.

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