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Patrick Bertrand, DG du groupe Cegid : « Nous allons accélérer notre stratégie de croissance externe »
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Patrick Bertrand, DG du groupe Cegid : « Nous allons accélérer notre stratégie de croissance externe »

L'éditeur lyonnais de logiciels Cegid, qui bat des records sur ses activités SaaS, change de mains. Après l'OPA achevée le 9 septembre, l'entreprise créée par Jean-Michel Aulas est désormais propriété des fonds Sylver Lake Partners et Alta One Capital. Pour son DG, Patrick Bertrand, une nouvelle ère commence. Interview.

Le Journal des entreprises : Les résultats au premier semestre du groupe Cegid confirment une forte croissance du CA sur les activités Saas (+ 28 % à périmètre constant) et du stock de contrats sur cette activité : 224,7 millions d'euros. Comment expliquer cela ?

Patrick Bertrand : Cela prouve que la stratégie que l'on a initiée il y a quatre ou cinq ans en étant très offensif sur les activités Saas, utilisées désormais par 150 000 de nos 430 000 utilisateurs de logiciels, est bien la bonne et correspond aux attentes du marché, en particulier dans les TPE et PME. Nous avons une longueur d'avance ; charge à nous de pousser cet avantage pour conquérir des parts de marché. Ce qu'il y a d'important c'est moins la reconnaissance des revenus qui se traduit par une augmentation du CA que la croissance du stock de contrats ; croissance qui démontre notre force de progression sur ce segment Saas. Le deuxième axe important du groupe porte sur notre capacité à accompagner nos clients dans le monde entier, et pas seulement en Europe comme c'est le cas aujourd'hui. Et ce en particulier sur nos deux activités les plus internationalisées que sont le retail et la partie gestion des talents, suite à l'acquisition fin 2015 du Canadien Technomedia (éditeur de logiciels RH/150 collaborateurs, NDLR). Cet axe, que nous sommes en train de piloter en appels d'offres, va marquer un point d'accélération de notre développement sur des marchés tiers et conséquemment va augmenter notre CA.

Comment conserver cette « longueur d'avance » sur la partie SaaS ?

P.B. : Cela implique d'être très actif sur le plan commercial. C'est essentiel vis-à-vis de la concurrence qui sait s'adapter très vite. Nous devons alors être beaucoup plus puissants sur le plan marketing notamment. Cela passe également par une accélération de notre stratégie de croissance externe. C'est un des piliers de développement que veut mettre en place nos futurs actionnaires.

Le périmètre du groupe Cegid va donc rapidement changer avec l'arrivée des fonds américain Silver Lake Partners et britannique AltaOne Capital, dont l'OPA s'est achevée le 9 septembre ?

P.B. : Cette politique, qui consiste à faire du build-up en croissance organique et en acquisitions, est très clairement un des points majeurs de leur stratégie pour Cegid. La nouvelle configuration actionnariale facilite en effet cette possibilité d'investissements. Nous avons dès lors plus d'ambitions en termes de taille et d'envergure pour le groupe.

Des changements dans le top management de l'entreprise, créée par Jean-Michel Aulas, sont-ils prévus ?

P.B. : Nos nouveaux actionnaires, lorsqu'ils investissent dans une structure, font en sorte que la direction continue à accompagner le projet. Concrètement pour Cegid, Jean-Michel Aulas et moi-même resterons respectivement président et directeur général pour une période minimum de 2 ans. Il serait souhaitable également que l'on agrège encore plus de talents à l'intérieur de l'entreprise.

Un plan d'embauches est-il à l'étude ?

P.B. : C'est la croissance qui permettra un plan d'embauche. Il est un peu tôt pour répondre mais nous devons, c'est certain, enrichir nos services notamment sur le marketing, des commerciaux, en R & D. Aujourd'hui la grande tendance de la R & D est d'ailleurs de faire en sorte de continuer à sortir des produits de qualité sur les fonctionnalités métiers mais aussi sur l'ergonomie de ces outils. Les IPhone et autres smartphones sont très faciles d'utilisation ; de la même façon il y a une attente très forte, dans l'environnement fonctionnel, d'avoir des logiciels et des système d'information qui répondent à ces besoins. Ce qui suppose de nouvelles compétences.

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