«Pas assez de patrons impliqués comme élus»

«Pas assez de patrons impliqués comme élus»

Henri Nigay
P-dg de Nigay et conseiller général «La sous-représentativité des chefs d'entreprise en politique est forcément un problème. Ce sont les entreprises qui créent de la richesse économique à la base. L'État ne se positionne qu'en aval, en répercutant les impôts payés par les entreprises et les impôts sur le revenu des employés, payés par les entreprises. S'il n'y a pas d'entreprises industrielles, il n'y a pas d'économie. La réforme des collectivités territoriales ne va pas dans le bon sens. Il n'est déjà pas facile d'être chef d'entreprise et élu en même temps, alors avec le mandat de conseiller territorial, ce sera encore plus prenant. Il ne faudra pas 35heures, mais 3 fois 35heures. De plus, comme il y aura moins d'élus, le risque est de se retrouver avec plus de places pour les technocrates de la région. Certes, il y a des interfaces comme l'Adel, qui permet de mettre en relation le monde politique et le monde économique. Les organismes consulaires sont également là pour représenter la sphère économique, mais je reste persuadé qu'il est dommageable de ne pas avoir plus de chefs d'entreprise qui s'impliquent dans des mandats d'élus.»
«Nous restons ouverts à l'accueil des patrons»

Jean-Claude Bertrand
Maire adjoint de Saint-Étienne en charge des finances
«Je ne suis pas sûr que la sous-représentativité des chefs d'entreprise en politique pose réellement un problème. Je suis d'avis que les chefs d'entreprise s'investissent davantage dans les structures qui les représentent comme les syndicats. On s'aperçoit que les entreprises qui comptent dans notre département comme par exemple Piscines Desjoyaux, JMLab ou encore SNF ne sont pas ou peu dans les structures qui parlent en leur nom. Je pense à la CCIT ou aux syndicats patronaux comme le MEDEF ou la CGPME. Les élus se réfèrent à des interlocuteurs dans ces structures qui sont des représentants du monde de l'entreprise. En ce qui concerne l'intensification de la présence des patrons en politique à l'avenir, c'est aux patrons d'en décider. Nous restons bien entendu ouverts au dialogue et à l'accueil des chefs d'entreprise en plus grand nombre. Mais il demeure important d'avoir des interlocuteurs représentatifs du tissu économique dans les structures dédiées à ces fonctions.» TEMOIGNAGES