Entreprises et sphère culturelle : deux mondes que rien (sur le papier au moins) ne relie. Et pourtant... « Nous avons besoin les uns des autres », reconnait sans peine Stéphane Kochoyan, directeur de Jazz à Vienne, le plus fréquenté des festivals de la région (175.000 spectateurs, dont 100.000 entrées payantes). « Aujourd'hui 5 à 6 % de nos revenus, soit 120 k€ environ, sont générés par ces relations que nous entretenons avec le monde de l'entreprise », détaille-t-il. En clair : le temps du festival (une quinzaine de jours jusqu'au 11 juillet), les structures partenaires issues du territoire intègrent le "Club Jazz Entreprises", spécialement installé au coeur de l'événement et qui leur permet, avant chaque concert, de convier clients et partenaires. Un accès privilégié au Jardin du Jazz et à l'espace de dégustation Jazz en vigne complète ce dispositif.
20 % du budget des Nuits sonores
Actions de mécénat - qui permettent de bénéficier d'avantages fiscaux ? ou opérations de partenariats (publicité, placements produits, etc.)... Les entreprises lorgnent décidément du côté de la culture ; secteur qui représente pour elles « un plus en terme d'image », analyse Vincent Carry, directeur des Nuits sonores à Lyon (130.000 entrées), dont plus de 20 % du budget établi en 2015 à 2,7M€ est supporté par des contrats de partenariats avec des sociétés privées, parmi lesquelles SFR, Crédit Mutuel, Red Bull, etc.. Soit 700 k€ pour la dernière édition. « Un montant que nous avons triplé en quelques années grâce à la création de deux postes à plein temps dédiés à la relation avec les entreprises ». Idem pour les Nuits de Fourvière (160.000 entrées), festival le mieux doté de la région, avec un budget global de 12M€ dont 2,4 M€ proviennent des quelque 250 entreprises partenaires de l'événement. « Ce sont des partenaires fidèles car très attachés à l'histoire et à l'ADN des Nuits de Fourvière », juge Dominique Delorme, son directeur.
Coûteuses relations
Le Festival Lumière (145.000 visiteurs en 2014) assure 28 % de ses revenus grâce à l'apport de partenariats privés, contre 9 % en 2009. « Ces grands rendez-vous misent sur les relations entreprises mais cela implique aussi d'y mettre les moyens et d'embaucher », reconnaît Stéphane Kochoyan. Ce que ne peuvent se permettre les festivals de moindre envergure qui forment l'essentiel de l'offre culturelle pendant la saison estivale.
Culture. Les grands rendez-vous culturels de la région s'appuient de plus en plus sur les partenariats d'entreprises pour aider au financement de leur programmation.