Depuis la mi-décembre 2015, Ouest France a décidé d'étendre sa zone d'influence en s'implantant sur l'ex territoire de Haute-Normandie, à la faveur du redécoupage régional créant la grande Normandie. Une pierre, de taille, dans le jardin de Paris-Normandie, quotidien régional historique en Seine-Maritime et dans l'Eure. Le déploiement de forces de Ouest France ne concerne, pour l'instant, pas la dimension locale de l'information régionale, selon son rédacteur en chef François-Xavier Lefranc : « Nous travaillons sur Ouest France Normandie diffusé sur la Seine-Maritime et l'Eure, sans pages locales. Nous avons mis sur pied un projet avec les contraintes économiques d'aujourd'hui et en aucun cas dirigé contre Paris-Normandie ».
Une édition élargie
Face à cette intrusion dans son pré carré, la direction de Paris-Normandie, en plein plan de suppressions d'une quarantaine de postes, tous métiers confondus, a décidé de lancer une contre-attaque avec une édition « France Paris-Normandie », notamment dans le Calvados. « Nous n'avions pas de velléités de déploiement en Basse-Normandie. Mais, Ouest France a lancé une véritable offensive chez nous. C'est la seule région où Ouest France procède ainsi suite à la régionalisation », déplore Thierry Rabiller, rédacteur en chef de Paris-Normandie. Cette édition Normandie est diffusée à 4.000 exemplaires dans le Calvados, à Rouen, Le Havre et Evreux (là ou Ouest France s'est implanté), du lundi au samedi, et vendue 85 centimes d'euros. Elle compte 32 pages présentant : « Une synthèse de l'actualité régionale », selon le rédacteur en chef de Paris-Normandie qui précise : « Nous avons modifié notre chemin de fer en incluant deux pages sur l'actualité bas-normande en couvrant deux zones allant de Pont-l'Évêque à Deauville/Trouville et celle de Caen ».
Adaptation
Pour riposter, Paris-Normandie a recruté des pigistes, s'appuie sur une agence de presse caennaise et a détaché un journaliste sur la zone de l'Estuaire. Dès janvier, un journaliste doit également être nommé à Caen. Une présence qui pourrait monter en puissance en fonction de la réorganisation régionale explique Thierry Rabiller : « Caen récupère le siège de la Région. Cela peut nous amener à y mettre plus de moyens pour apporter l'information la plus exhaustive possible. Mais, en gardant en tête que notre fonds de commerce se trouve en Seine-Maritime et dans l'Eure. ».