Le dépôt de bilan avait pu être évité une première fois en 2009, mais pas une deuxième fois. Le mois dernier, le principal actionnaire du Paradis des Sources, Francis Staub, le dirigeant de la Compagnie de la saveur et de l'image, ancien patron des cocottes Staub, a décidé de se retirer. Il avait sauvé l'établissement en août2009 en injectant un million d'euros, puis il avait investi neuf millions supplémentaires en 2010, mais ces sommes n'ont pas suffi. Au regard des pertes enregistrées, 5.500euros par jour selon ses dires aux quotidiens locaux, l'industriel a annoncé ne plus vouloir mettre un euro dans l'affaire.
15 jours pour convaincre
Le music-hall a donc déposé le bilan. Mais le 17mai, la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Colmar a prononcé la liquidation judiciaire avec poursuite d'activité jusqu'au 30juin. Une réunion devait se tenir à mi-parcours, le 31mai. Yves Onimus, le directeur artistique resté seul à la barre de l'établissement, devait présenter un plan de reprise qui puisse convaincre le TGI de Colmar. «Je suis en contact avec Francis Muller qui pilote des industriels venant de différents horizons. J'ai également reçu un grand groupe qui a demandé à venir voir l'établissement», indique-t-il. Lors d'un tour de table le 21mai, des personnes potentiellement intéressées par la reprise du music-hall ont lancé l'idée d'une souscription publique. Tout un chacun peut devenir actionnaire du Paradis des Sources à partir de 100euros. «Pour le moment, on ne demande pas d'argent. Il s'agit juste de promesses de dons. C'est un peu comme le Téléthon. Ensuite, si nous allons au bout de cette histoire, les personnes seront contactées pour transformer leur promesse en dons», explique Yves Onimus.
Trouver un pilote
Pour le directeur artistique, la préservation des 54 emplois du Paradis des Sources reste la priorité. Il se veut confiant: «Nous avons un taux de satisfaction de 99%. En deux ans et demi, nous sommes parvenus à faire 105.000 entrées, sans aides publiques, et à devenir le cinquième music-hall français». Jean-Paul Diringer, le maire de Soultzmatt, affiche aussi un relatif optimisme: «Trouver des moyens financiers ne devrait pas trop poser de problèmes. Mais trouver quelqu'un qui maîtrise ce type d'activité, c'est moins évident». La mairie travaille avec le Comité d'action économique du Haut-Rhin (Cahr), Alsabail et l'Association départementale du tourisme pour faire avancer le dossier.
La piste du casino
«Pour le moment, il n'y a pas de candidat à la reprise sur ce modèle économique», précise Jean Simon, le directeur du Cahr. L'idée d'un casino fait son chemin. «C'est une idée qui a du sens. Même s'il existe déjà deux casinos dans le département, à Ribeauvillé et à Blotzheim, ce type d'établissement a le vent en poupe», poursuit Jean Simon. Mais les démarches sont longues. Le maire de Soultzmatt parle de trois ans, Yves Onimus table sur cinq ans. Car la ville, qui possède le statut de commune touristique et d'ancienne station thermale, devrait obtenir en plus le statut de station touristique. «Nous allons monter un dossier pour l'obtenir, mais c'est un dossier lourd», affirme Jean-Paul Diringer. Le Paradis des Sources ne pourra de toute façon pas attendre cinq ans. Yves Onimus mise sur un business plan «drastique» pour relancer l'activité. Mais il n'avance pas les mêmes chiffres que son ancien actionnaire pour parvenir à l'équilibre. «Lorsque Francis Staub annonce qu'il faut 85.000 entrées par an, moi je suis à 57.000 entrées, voire moins, alors que nous n'avons jamais touché le secteur des tour-opérateurs», assure-t-il. Contacté par nos soins, Francis Staub, lui, n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Loisirs En liquidation judiciaire après le retrait de son principal actionnaire, Francis Staub, le cabaret de Soultzmatt doit trouver des investisseurs. Le tribunal de grande instance de Colmar devait juger, le 31 mai, de la stabilisation ou non de la situation. Dans l'affirmative, il resterait un espoir jusqu'à la fin du mois.