Paca : Ces entreprises pépites qui ne connaissent pas la crise

Paca : Ces entreprises pépites qui ne connaissent pas la crise

Alors que la crise économique est plus que jamais au coeur de l'actualité, le Journal des entreprises a choisi de récompenser, le mois dernier, aux côtés de LCL, Kedge, Fidal et CO2, cinq entreprises locales. Cinq "pépites", lauréates de la deuxième édition du prix Image Entreprise Méditerranée.

À l'occasion de la deuxième édition du prix Image Entreprise Méditerranée, organisée à Marseille le 16octobre dernier, le Journal des Entreprises et ses partenaires (LCL, Kedge, Fidal et CO2) ont choisi de récompenser cinq entreprises régionales. Cinq "pépites" qui, en ces temps de crise économique, ont su conjuguer croissance, rayonnement et ambition.



GUIMBAL (Prix de la « petite entreprise»)
La société Guimbal (3,6 millions d'euros de chiffre d'affaires - 28 salariés) est discrètement installée, depuis 2000, à quelques dizaines de mètres de l'aérodrome d'Aix-Les Milles.
Bruno Guimbal, ancien ingénieur chez Eurocopter, a créé sa société pour développer, fabriquer et commercialiser un hélicoptère bi place à piston, baptisé Cabri. L'entreprise en produit une quinzaine par an, qu'elle vend à plus de 90% à l'international et notamment vers l'Allemagne. 150 sous-traitants participent à la réalisation des hélicoptères. «Nous profitons d'un tissu formidable. En France, nous pouvons disposer d'un tel outil, mais il faut faire attention. Les sous-traitants, c'est comme les icebergs, ça fond doucement. En dix ans, nous avons vu beaucoup de disparitions. Quand il n'y en aura plus; cela sera trop tard...», commente Bruno Guimbal. Les hélicoptères de l'entreprise sont utilisés par les écoles de pilotage ou des sociétés de travaux aériens. «Nous vendons surtout à des particuliers, qui placent ensuite leur hélicoptère en location dans des écoles. La Grande-Bretagne ou la Nouvelle-Zélande sont des pays fortement consommateurs d'hélicos. En France, le développement de ce marché a été freiné par une loi votée sous le gouvernement précédent», conclut-il.

DIFFAZUR (Prix de la « moyenne entreprise»)
Le groupe Diffazur, implanté à Saint-Laurent-du-Var, dans les Alpes-Maritimes, a été créé en 1973 par Gérard Bénielli et Monique Richard-Bénielli. En quarante ans, ce couple à la ville comme à la scène a façonné un véritable petit empire de la piscine. Il est aujourd'hui leader européen de la construction de piscines en béton armé monobloc. Le groupe, qui compte 300 salariés et enregistre un chiffre d'affaires de 43M€, réalise plus de 1.000 piscines par an, à 80% pour des particuliers. Un palmarès impressionnant pour cette entreprise qui est littéralement partie de zéro. «Lorsque nous sommes revenus des États-Unis avec des plans de piscines hollywoodiennes, beaucoup nous ont pris pour des fous, sourit Gérard Bénielli. Nous avons importé du matériel, des machines et des méthodes qui n'existaient pas en France. Nous avons inventé de nouvelles approches, en nous éloignant des bassins rectangulaires et de la couleur bleue, et en transformant la piscine en espace de bien-être». Une stratégie qui s'est avérée payante et qui a permis à la société de se positionner comme un spécialiste, y compris auprès de célébrités, comme les membres de la famille Bouygues. «Pour nous, tous les clients sont uniques, précise Monique Richard-Bénielli. Mais réaliser la piscine béton des rois du béton est tout de même un motif de fierté!».

GROUPE NGE (Prix de la « grande entreprise»)
Basé à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, le groupe NGE, qui compte 6.000 salariés et réalise 1,1milliard d'euros de chiffre d'affaires, est aujourd'hui le premier acteur indépendant de travaux publics dans les métiers de la construction d'infrastructures nationales et régionales. Une position de leader qui s'appuie sur le caractère multimétiers de son offre. «Nous nous positionnons comme un interlocuteur unique pour nos clients, en privilégiant l'optimisation du produit», explique Joel Rousseau, président de NGE, pour qui le succès réside avant tout dans la valeur de ses équipes. «L'humain est la clé de tout, estime-t-il. D'ailleurs, nous ne concevons notre croissance que dans la mesure où nous parvenons à conserver notre culture. C'est notre différence, notre ADN: le respect, l'humilité, l'intérêt général, l'ascension par la méritocratie... Et le lien. Pour moi, la qualité du lien entre deux individus est plus importante que la qualité des individus eux-mêmes».

PLASTIFRANCE (Coup de coeur des partenaires)
L'entreprise Plastifrance, dirigée depuis 2010 par Floréal Jonveaux, est aujourd'hui positionnée sur la fabrication de corps de carte à puce blancs destinés à l'industrie de la téléphonie mobile. La société, basée à Gémenos, a en effet repris en 2003 l'atelier cartes de Gemplus. Une activité qui lui a ouvert les portes de l'international. «Nous réalisons 14 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont près de 60% à l'export, vers les grands acteurs du marché de la carte à puce. Nous fabriquons près de 500 millions de cartes par an. Il ne s'agit pas d'un produit basique. Pour nos clients, au contraire, il s'agit d'un produit technique qui doit être parfait pour ne pas ralentir ou poser de problème dans leur cycle de production», confie Floréal Jonveaux. Si le chiffre d'affaires de l'activité cartes a doublé en trois ans, Floréal Jonveaux envisage de s'attaquer à de nouveaux marchés et notamment le médical. «Nous ne pouvons dépendre à 75 % d'un seul produit. Les parts de marché de l'Asie vont s'accroître. Il nous faut anticiper ce mouvement. Nous avons donc fait en 2011 l'acquisition d'un mouliste, Seropa Industries, qui dispose d'une clientèle dans le secteur médical et qui nous permet de proposer à nos clients une action globale, du bureau d'études au produit final», poursuit le dirigeant.


EUROS (Coup de coeur du président du jury)
La société Euros (50 salariés), basée à La Ciotat, a été créé il y a vingt ans par Loïc Piclet. Elle est positionnée sur le créneau des prothèses orthopédiques. Près de la moitié des 7 millions d'euros de chiffre d'affaires enregistrés par la société est réalisé à l'export. Euros mise sur un développement à l'international et a constitué durant ces dernières années un ensemble de filiales, en Angleterre, en Australie, au Canada et en Suisse. «Nous sommes sur une activité qui nécessite un important fond de roulement. Nos clients sont les cliniques ou les hôpitaux, mais les prescripteurs sont les chirurgiens. Ce sont eux que nous devons convaincre. Pour une prothèse vendue, nous devons fournir aux chirurgiens toute la gamme de taille et tous les instruments nécessaires à l'opération. Notre démarche commerciale est ainsi très délicate. Nous n'avons pas les moyens d'inonder le marché de prothèses. Entre un premier rendez-vous et une première pose, il peut s'écouler une année. C'est une démarche lente. Nous sommes aujourd'hui à la charnière. Nos filiales sont récentes et devraient commencer à enclencher de véritables commandes. Mais exporter coûte une fortune», explique Loïc Piclet. Euros exporte vers la Suisse, l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne, la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Maghreb et des premiers contacts ont été pris en Chine.