Ouest : Quel avenir pour le transporteur Bomex ?

Ouest : Quel avenir pour le transporteur Bomex ?

En redressement judiciaire, le transporteur de marchandises Bomex à Saint-Géréon (44) va connaître un nouveau tournant le 11 mai, date de la prochaine audience au tribunal de commerce de Nantes. Un seul candidat à la reprise reste en lice : le groupe breton Garnier (22).

Ce 11 mai, le tribunal de commerce de Nantes doit se prononcer sur le sort de Bomex. Dirigée par Christian Moreau et spécialisée dans le transport de marchandises, la PME de Saint-Géréon est en redressement judiciaire depuis le 29 décembre 2014. Cette prochaine échéance est très attendue par ses 416 salariés. « En interne, l’ambiance est très mauvaise, tout le monde est tendu », décrit le comité d’entreprise.




Une offre bretonne

Il ne reste qu'un candidat à la reprise : le groupe Garnier à Loudéac (Côtes-d’Armor) qui prévoit « une rationalisation des coûts et des sites », indique Nicolas Garnier, son directeur général. Créé en 1973, il emploie 700 personnes, dispose d’une flotte de 450 moteurs et réalise un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros, dont 60 millions pour l’activité de transport.

Concrètement, le groupe breton s’engage à reprendre entre 310 et 320 salariés et cinq des 12 sites existants : Ancenis (44), Dieppe (76), Brenouille (60), Chasselay (69) et Montreuil-Bellay (49). Parmi les sites importants, sont exclus Le Havre (76) et Cognac (16) spécialisés dans le transport de conteneurs. « Nous ne nous sentons pas capable de redresser cette activité », confie Nicolas Garnier.

Pour le Breton, cette opération est l’opportunité de poursuivre son développement, d’étendre son implantation sur le territoire, tout en misant sur une proximité géographique, mais aussi de pérenniser une culture d’entreprise 100% familiale.

Nicolas Garnier prévoit la mise en place d’une nouvelle équipe de direction et envisage des investissements sur le parc « vieillissant » de Bomex, notamment « le matériel roulant », soit « une enveloppe annuelle comprise entre un et deux millions d’euros au cours des premières années ».




Les cadres jettent l'éponge

Une autre offre de reprise associait cinq cadres de l’entreprise Bomex (regroupés au sein de la société U5), la société LMC, dirigée par Virginie Deschamps, et Jean-Pascal Chupin, le Pdg du groupe La Florentaise (fabrication de terreaux). Elle prévoyait de reprendre davantage de salariés de Bomex - 365, soit une cinquantaine de plus que l’offre de Garnier - et de fermer les sites de Cognac et Vesoul (70), selon le comité d’entreprise. "Notre offre s'arrêtait le 30 avril et n'a pas été prolongée auprès du tribunal de commerce de Nantes, l’ambiance au sein de l’entreprise étant devenue très tendue entre les salariés et leur équipe dirigeante", indique Jean-Pascal Chupin, P-dg de Florentaise.




Le contexte

Créée en 1992, Bomex a connu une première alerte fin 2008 au travers un projet de PSE, réduisant les effectifs de 550 salariés à 460, avant de se lancer dans une politique de croissance externe. Une filiale s’installe en Bulgarie l’année suivante puis Bomex ouvre son capital (15%) en 2010 à Avenir Entreprises (qui deviendra FSI Régions) et à Ocean Participations, une filiale du Crédit Mutuel. En 2011, la PME reprend l’activité internationale de Dozol, un transporteur de Bouaye, puis rachète les Transports AB Trans (60) en 2012. Une reprise qui, selon le comité d’entreprise, a accéléré la chute de la société Bomex. « Le projet était trop ambitieux pour réussir », juge l’un des membres. Résultat : le transporteur procède en avril 2015 à un nouveau plan social avec 98 départs volontaires et 14 licenciements.