Pour l’instant la nouvelle ligne LGV Ouest est « à l’heure », selon son constructeur Eiffage Rail Express (ERE). « Le planning est tenu », pour le comité de suivi réuni à Rennes le 10 juin dernier. Le chantier emploie encore 1.400 personnes. La mise sous tension aura lieu ce 1er août, suivie des premiers tests de train la deuxième quinzaine de septembre. Un an avant sa mise en service, le Club TGV d’Ille-et-Vilaine a fait « un point à date », selon l’expression de son président Guy Canu. « Le 15 mai 2017, Eiffage Rail Express donnera les clés de la ligne à la SNCF, pour un lancement officiel le 2 juillet 2017 », précise Nathalie Juston, directrice régionale de SNCF Mobilités qui prévient d’emblée : « Le TGV n’est qu’un outil, ça marche que si le territoire s’en empare ! »
« L’effet TGV »
L’objectif de la SNCF est clairement de « diffuser l’effet TGV partout ». Gérard Lahellec, l’élu régional aux transports et mobilités le martèle aussi : « L’infrastructure est réalisée pour un usage. Plus que de la vitesse, nous avons besoin de mettre la Bretagne à proximité de tout. La LGV est faite aussi pour les habitants de Pontivy » Son leitmotiv : « plus de train, pour tout le monde, jusqu’à la pointe bretonne ». Conscient que la LGV n’a pas été un long fleuve tranquille, Gérard Lahellec dit avoir entendu les contestations, notamment du côté de Redon...
« Diminuer la fracture nord-sud rennaise »
La LGV s’accompagne aussi d’infrastructures nouvelles, indispensables, comme ces pôles d’échanges multimodaux (Pem). La gare de Rennes, actuellement en travaux, en est l’exemple avec 128.000 voyageurs par jour et un enjeu fort : la liaison urbaine nord-sud, « pour diminuer cette fracture provoquée par le fleuve ferroviaire », selon l’expression de Gaëlle Andro, vice-présidente à l’économie à Rennes Métropole.
La gare finale pour 2020
Si les premières livraisons tertiaires auront lieu en 2017, la gare en elle même sera encore en chantier quand la LGV sera mise en service. Le site ne sera totalement finalisé qu’à l’horizon 2020, avec un premier acte attendu vers 2018. Les promoteurs l’ont compris, mais pour l’instant leurs clients observent plus qu’ils n’achètent. « Il est trop tôt », selon cet observateur rennais du marché immobilier.
Saint-Malo dans les starting-blocks
Du côté de Saint-Malo, on est dans les starting-blocks : « On y croit, on en a envie, on la veut ! », s’enthousiasme Patrick Charpy, vice-président de Saint-Malo Agglomération. Sur la côte, l’enjeu est clairement lié au tourisme d’affaires, « sans rupture de charge » dans la liaison avec Paris. Et même si davantage de services et de TGV directs sont réclamés.
Reste aussi à coordonner et unifier la communication, selon le souhait des acteurs territoriaux. Pour « montrer une Bretagne unie », selon le comité départemental du tourisme. Est-elle si unie ? Les Brestois se plaignent toujours de la connexion de leur ville. On mettra toujours deux fois plus de temps pour faire Rennes-Brest en voiture que Rennes-Paris en TGV en 2017...