La vente a été signée le 2août et annoncée aux salariés le 16août: Orium, PME de Seiches-sur-le-Loir, au nord-est d'Angers, a été rachetée par le groupe La Poste. L'opération, dont le montant n'a pas été divulgué, a été portée par Sofipost sous le contrôle opérationnel de Viapost qui regroupe les sociétés en charge des solutions de proximité et d'éco-mobilité du courrier.
18 plateformes en France
Après le rachat de Mix Commerce en avril dernier, La Poste qui possède déjà le logisticien Neolog (500 salariés, 307millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011) renforce ses positions dans la distribution des produits vendus sur le net.Orium est l'un des leaders sur la gestion du commerce en ligne, offrant des solutions informatiques, de logistique et de relation client. Avec cette acquisition, La Poste détient désormais 18 plateformes logistiques dans l'Hexagone et sur le continent européen. «La Poste enrichit son offre et devient le partenaire privilégié, à la fois des e-commerçants externalisant leur logistique afin de se recentrer sur le développement de leur site marchand, et des entreprises en réseau en recherche de solutions de logistique B to B et B to C», indique le groupe acquéreur. Connaissant des croissances annuelles régulières de 20 à 50%, portant le dernier chiffre d'affaires connu à 20millions d'euros, Orium, qui emploie 200 personnes, a acquis la reconnaissance de grands groupes comme Nespresso, Smartbox, Wanimo, Nuxe, Pierre Fabre, Marie-Claire, Wurth, Orange Marine, Sojeans, etc. Le e-logisticien réalise environ 10.000 commandes par mois.
«Ne pas brimer les ambitions»
En mars dernier, Olivier Moreau nous indiquait que l'année 2012 serait celle «de la consolidation de nos acquis.» En intégrant le giron de La Poste, le désormais directeur général d'Orium - pour au moins trois ans - affirme avoir renforcé la capacité de développement de l'entreprise. Depuis 2009, Orium a investi en moyenne 1,5million par an pour l'agrandissement et la modernisation de ses 9 plateformes en France et en Europe. Pour continuer sur ce rythme d'investissement, il s'agissait de lever des fonds ou de s'adosser à un groupe industriel. Dans une conjoncture délicate pour trouver des financements conséquents, c'est donc La Poste qui a raflé la mise face à deux autres potentiels acheteurs. «On sort d'un marché de niche qui était dominé par quelques acteurs pour aller vers un marché où les grands groupes de logistiques s'organisent. On n'avait pas forcément les moyens de résister à cette pression concurrentielle, aux flux qui vont grossir et à l'organisation industrielle induite. Le marché de la e-logistique répond à une culture B to C, pour laquelle les acteurs de la logistique ne sont pas encore préparés.» Actionnaire à près de 80% d'un capital qu'il partageait avec cinq de ses cadres, Olivier Moreau lâche donc les rênes de son entreprise qu'il a fondée en 2004. L'entrepreneur les laisse à Stéphane Sentis, déjà président de Neolog. Mais l'ancien cadre de Bolloré et PPR n'a aucun regret. Au contraire, il avoue que depuis 18 mois tout a été pensé en ce sens. «Je n'allais pas brimer l'évolution de la société pour des raisons personnelles ou de détention du pouvoir. Avec le management, on était d'accord. D'ailleurs, si Orium a réussi, c'est que l'on avait une vraie homogénéité. Sinon, on n'aurait jamais atteint cette croissance. Et on a construit l'entreprise pour qu'elle soit compatible et intégrable.C'était un facteur de croissance.».
Devenir leader européen
Selon le Crédoc, la part de marché du e-commerce (37 Mds€ de CA) devrait représenter 24% des achats en 2020. Les flux vont devenirs de plus en plus importants, la bagarre sur les prix et la qualité de la distribution exacerbées. Sur les marchés B to C ou B to B, l'internationaldemeure un facteur de différenciation. Mais pas seulement. Rapidité de livraison, qualité, conseil sur la mise en place d'une stratégie de distribution multicanaux, Olivier Moreau imagine renforcer la maîtrise de toute la gestion d'une chaîne logistique. «Le marché européen est en retard par rapport aux USA et au Japon. Quand l'internaute commande en ligne, il a encore des doutes sur la livraison. Ce n'est pas normal. L'avenir va donc passer par une logistique plus complexe, plus rapide, plus fiable. Nous sommes encore loin de celle de 2017.» Sans citer d'objectif chiffré - finie l'indépendance - l'objectif pour la nouvelle filiale du groupe public est d'accompagner La Poste dans sa volonté de devenir le leader européen de l'e-logistique.
Orium
(Seiches-sur-le-Loir) Directeur général: Olivier Moreau CA: 20M€ 200 salariés www.orium.com