Océanis vient de quadrupler ses capacités en cloud computing, ce système de stockage de données à distance, accessible par internet. Entreprise du Pays de Saint-Gilles-Croix de Vie (26 personnes), elle vient de louer des mètres carrés de data center à La Roche-sur-Yon, auprès de la société Neo Center Ouest.
En lien avec deux data centers
Parallèlement, Océanis a réinvesti sur un autre data center qu'elle occupait déjà à Saint-Herblain (toujours chez Neo Center Ouest). Cela lui permettra notamment d'y installer ses propres équipements (serveurs, logiciels...). Pour ce faire, l'entreprise a déboursé 450.000 euros. « Grâce à ce second data center, on pourra conserver les données en deux endroits afin de proposer une continuité d'activité à nos clients en cas de problème majeur, par exemple si l'un des sites devenait injoignable », argumente Frédéric Vernhes, patron d'Océanis à Givrand.
Modèle éco chamboulé
L'infogérance reste le premier métier d'Oceanis (50 % de son activité), à côté de la partie développement informatique et applications, les infrastructures, systèmes et réseaux... Tandis que le cloud computing ne pèse aujourd'hui que 10 % de son chiffre d'affaires. Cette dernière activité surfe toutefois sur une forte croissance. « On s'oriente vers une progression de 150 % de ce secteur cette année », indique son patron. Ciblant des entreprises abritant plus de 50 postes informatiques, Oceanis travaille pour Bénéteau, le groupe Herige, les camping-cars Pilote, Piveteau Bois, Rautureau Apple Shoes, Serta, Guénant Automobiles... Pour son dirigeant, le cloud computing « correspond à la manière dont l'informatique sera consommée demain ». Seule difficulté, cette mutation a eu des conséquences sur la PME qui a vu ses effectifs et son chiffre d'affaires reculer de 20% en quelques années, passant de 33 personnes et 3,5 millions d'euros de CA en 2010 à 26 salariés et 2,8 millions d'euros de CA en 2015. « À court terme, les rentrées d'argent diminuent car avec le cloud computing, on passe de la vente de matériel et de solutions logicielles à la location d'accès à des solutions hébergées à distance. Les sommes se diluent sur plusieurs années », explique Frédéric Vernhes. Un changement de modèle économique doublé « d'une panne d'investissement informatique dans les PME au cours des trois dernières années », ajoute-t-il.
Précieux appui du groupe coopératif Resadia
Pour construire son offre, Oceanis a pu s'appuyer sur Resadia, groupe coopératif de 32 associés (8.000 clients, 645 millions d'euros de chiffre d'affaires, 136 implantations en France). Avec le Nantais Pentasonic.net et le Rennais A2COM Technologies, également membres, le Vendéen a ainsi créé l'offre Resa Cloud, comprenant un modèle technologique, les prix à pratiquer, la négociation de contrats fournisseurs... Une offre depuis reprise par 18 entreprises du groupe qui l'utilisent désormais. Via Resadia, les professionnels mutualisent des services de marketing ou de relation de presse, réalisent des achats groupés ou chassent même en meute. Ensemble, des membres du réseau ont ainsi remporté un appel d'offres de 60 millions d'euros sur trois ans pour l'installation de systèmes de téléphonie auprès de la centrale d'achats de la fonction publique.
F.G.
Oceanis
(Givrand) Gérant : Frédéric Vernhes 26 salariés 2,8 millions d'euros de CA 02 51 60 05 05 www.oceanis.fr