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Oc’Consigne crée une usine de lavage de bouteilles près de Montpellier
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Oc’Consigne crée une usine de lavage de bouteilles près de Montpellier

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La société coopérative héraultaise Oc’Consigne investit plus d’un million d’euros dans la création d’une unité de lavage industriel pour contenants en verre. Pour réussir son pari, elle multiplie les initiatives afin d’étendre son réseau de collecte auprès des professionnels, de plus en plus concernés par l’enjeu du réemploi.

Les casiers utilisés par Oc’Consigne dans l’optique d’agrandir son réseau de collecte — Photo : Emmanuel Morel

Le verre est un matériau qui, comme d’autres, devient un luxe alors que la crise énergétique ouverte par la guerre en Ukraine fait flamber les coûts de production. Le prix des bouteilles neuves ayant bondi de 40 % en 2022, la société coopérative (Scop) Oc’Consigne (3 salariés) se positionne pour recréer une offre de services alternative, axée sur le lavage industriel des contenants en verre, inexistante dans le grand Sud-Ouest depuis le retrait du marché des derniers laveurs spécialisés.

Une usine aux process optimisés

Fondée sous statut associatif en 2018 avant de passer en Scop deux ans plus tard, Oc’Consigne travaillait jusqu’ici avec un partenaire, membre du réseau national France Consigne, situé dans la Drôme. Pour se structurer à l’échelle industrielle, elle investit plus d’un million d’euros dans la création d’une usine de lavage de 600 m2 à Lattes, près de Montpellier (Hérault).

L’enveloppe, cofinancée par des subventions de l’Ademe (305 000 euros), de la Région Occitanie, de la Métropole de Montpellier et du groupe Citeo, lui permet d’acheter son premier parc machines : une laveuse d’une capacité de 3 500 bouteilles par heure, et une ligne de convoyeurs qui, couplés à des scanners électroniques, automatisent le contrôle qualité. "Les scanners vérifient avec une précision supérieure à l’œil humain l’état des bouteilles lavées selon plusieurs paramètres : absence de résidus, microfissures, etc. De même, nous avons modifié la laveuse pour rajouter du séchage en sortie de chaîne", décrit Sophie Graziani, cofondatrice d’Oc’Consigne avec Anne-Claire Degail. Les deux dirigeantes travaillent déjà sur une analyse du cycle de vie appliquée à ce process, de sorte à réduire le volume d’eau utilisée.

La consigne plutôt que le recyclage

Aménagée dans des locaux pris en location, l’usine sera opérationnelle d’ici la fin du printemps 2023. Mais au-delà de l’aspect technique, tout l’enjeu pour Oc’Consigne est de convaincre les particuliers et les professionnels de se tourner vers la pratique de la consigne du verre plutôt que le recyclage (consommateur d’énergie et de sable). Pour les particuliers, elle a notamment signé un partenariat avec l’enseigne Biocoop, afin d’installer des casiers de collecte dans 18 de ses magasins. Pour les professionnels, elle accompagne une trentaine de vignerons pour s’assurer que les bouteilles vendues soient lavables (format, étiquette).

Ainsi, Oc’Consigne a pu constituer un réseau de 50 points de collecte (en magasins ou directement chez les producteurs quand ils ont une boutique) sur son territoire, collectant 50 000 bouteilles en un peu plus d’un an dans l’est de l’Occitanie.

Les bocaux comme débouchés

Dorénavant, Oc’Consigne vise le cap des 100 000 bouteilles collectées par mois, pour réussir son pari industriel et donc atteindre son point d’équilibre économique. "Nous devons collecter les plus gros volumes possibles dès 2023, mais cela implique de changer les perceptions autour de la consigne. Nos installations prouvent qu’il est possible de garantir un lavage de bonne qualité", souligne Sophie Graziani.

La Scop héraultaise est aussi aidée par la prise de conscience généralisée autour du réemploi : si 88 % des Français se disent favorables à cette pratique, plusieurs filières semblent également plus matures sur le sujet. Oc’Consigne a déjà signé des accords avec des acteurs de l’agroalimentaire, tels que les groupes viticoles Advini (30 millions de bouteilles produites par an) et Jacques Frelin Vignobles (4 millions), ou de gros brasseurs régionaux comme La Jonte ou Kiss Wing. De même, elle a calibré son usine pour laver une large gamme de bocaux (compotes, soupes) afin de trouver de nouveaux débouchés. "Nous avons aussi des demandes des producteurs d’huile d’olive, de lessive et de cosmétique", se projette Sophie Graziani.

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