Obligations d'entreprises: un marché plein de promesses

Obligations d'entreprises: un marché plein de promesses

Traditionnellement considéré comme un refuge pour les investisseurs lorsque les marchés d'actions dévissent, le marché obligataire serait-il devenu le placement au meilleur ratio risque/rendement en 2009?

Au plus fort de la crise, nombre d'investisseurs se sont dirigés vers la sécurité maximum, c'est-à-dire les obligations d'État.






Après avoir été sanctionnées par les marchés et pour faire face à la crise de liquidités à laquelle elles sont confrontées, les entreprises sont en effet contraintes de se tourner vers le marché obligataire pour se financer et ce, à des conditions qui puissent effectivement attirer les investisseurs. Les obligations émises par les sociétés privées peuvent donc constituer une bonne alternative, les obligations présentant l'avantage d'offrir aux épargnants un taux fixe connu jusqu'à l'échéance de l'obligation. Depuis le début de l'année, les meilleurs segments des obligations émises par les entreprises promettent ainsi un rendement annuel compris entre 6 et 8%.




À quel émetteur se fier?

«Certains de ces emprunts ont aujourd'hui une cote anormale. Ce sont eux qu'il faut privilégier. Je pense qu'il faut aussi préférer des entreprises de l'agroalimentaire, de la santé, de la grande distribution, etc., c'est-à-dire qui ont trait à la vie humaine. L'autre condition, c'est d'aller jusqu'au terme de l'emprunt pour être sûr de bénéficier du rendement que l'on a choisi. Il ne faut pas non plus regarder une échéance trop lointaine, je pense qu'entre trois et cinq ans, cela peut être intéressant d'investir», affirme Henry-Georges de Dreuzy, directeur régional Ouest de BGPI. «Le marché obligataire a effectivement le vent en poupe depuis plusieurs mois. On trouve des taux de rendements très intéressants pour de belles entreprises françaises et il y a de réelles opportunités. Comme pour tout placement actuellement, il faut cependant être prudent. Je pense qu'en matière d'obligations il faut aller sur les belles signatures, celles de sociétés reconnues», confirme Guy Roos, qui dirige le cabinet de gestion lyonnais ICF.




Gare à l'inflation

«Les taux des obligations d'entreprises paraissent intéressants aujourd'hui mais il faut garder à l'esprit que le marché obligataire présente toujours un risque, notamment un risque de signature. Un autre élément à prendre en compte en matière d'obligations, c'est le risque de regain d'inflation qui pourrait se traduire par une remontée des taux d'intérêt avec pour conséquence une perte de la valeur des obligations. Sur le marché obligataire, il nous semble donc opportun de privilégier la qualité des signatures et des échéances relativement courtes», estime Thierry Chouvelon, directeur du département ingénierie patrimoniale d'UBS. Prudence également de mise sur les marchés obligataires de la part de Stéphane Gérard, responsable du centre de gestion patrimoniale de Neuflize OBC à Nantes. «Il faut toujours prendre en compte le risque présenté par l'émetteur de l'obligation. De plus, les obligations d'entreprises n'ont jamais été aussi chères qu'aujourd'hui. Pour ces raisons, il ne faut pas penser que le marché obligataire est le remède pour sécuriser son patrimoine.»