« C'est une belle victoire, un beau pari ! » Nicolas Vidal a de quoi sourire. Le Rennais vient de décrocher LE contrat qui le fait entrer dans la cour des grands et lui donne une envergure nationale. Pour le Centre national des oeuvres universitaires et scolaires (Cnous), son agence NV Communications va fournir les serviettes jetables publicitaires des 451 restaurants universitaires de France en gestion via 25 Crous. Chaque semaine, 2,5 millions d'étudiants fréquentent ces restos U.
Objectif : toucher 2,5 millions d'étudiants par jour
« C'est un marché pour trois ans de 55 millions de serviettes en papier par an, précise le jeune dirigeant. Une première ! J'ai gagné le 18 juin un concept qui existait depuis 11 ans mais qui n'était pas régi par un contrat-cadre. » C'est désormais chose faite, avec un contrat exclusif remporté par la petite régie bretonne de 18 salariés qui monte. Aux serviettes jetables, elle compte ajouter d'autres supports publicitaires nomades distribués gratuitement aux jeunes, comme des éthylotests, des préservatifs, etc. « C'est un très beau réseau, sur lequel nous devenons leaders en France », se félicite Nicolas Vidal qui touchera sa redevance sur 600 K€ de chiffre d'affaires escomptés la première année de « test ». Le marché pourra grimper à 3 M€ par an, « à maturité ». Son expérience des « médias tactiques » et du street marketing a semble-t-il fait la différence. Il était en concurrence avec trois mastodontes : Non Stop Media (à l'origine des cartes postales publicitaires), le Parisien Green Pub et le Lyonnais Communiquez. Depuis sa création en juillet 2012, NV Communications s'est taillé une belle réputation dans les sets de tables, sous-bocs et sacs à baguettes logotés, à raison d'un million d'exemplaires pour les premiers, de 500.000 pour les seconds et de 3 à 4 millions pour les sacs à pain, offerts aux boulangers en échange de publicités imprimées dessus (400 € d'économies par mois). Ces derniers représentent aujourd'hui la moitié de son business. Depuis le début de l'année, il a aussi ouvert trois agences : à Nice, Tours et Paris. Quelques-uns de ses 14 vélos publicitaires sillonnent désormais la Côte d'Azur.
« Il vaut mieux s'entourer »
NV Communications réalise 500.000 € de chiffre d'affaires mais s'attend à un bond, lié à ce nouveau contrat. « Nous allons doubler cette année et tripler en 2016 par rapport à 2014 », confie Nicolas Vidal qui a recruté pour ce faire un manager de production. Auparavant, il venait d'embaucher deux expertes des serviettes jetables publicitaires. Un autre atout qui a pesé dans la balance, mais pas seulement. Nicolas Vidal avait identifié ce marché par son réseau et a fait appel pour monter le dossier à Julie Massieu, créatrice de l'agence rennaise Déclic, spécialiste des rouages de la commande publique. « L'enjeu pour NV Communications était d'être conquérant. Il a été ambitieux et visionnaire, témoigne-t-elle. Il savait qu'il était le meilleur pour ce marché mais ne voulait pas échouer sur les formalités. Les structures publiques ont une difficulté pour faire entrer des petites entreprises en forte croissance, en concurrence avec des groupes qui ont parfois 27 ans d'expérience. Les régies pubs ont toujours été exclues de ces marchés mais la jurisprudence a changé la donne. Pour NV, la barrière de la candidature a été la plus difficile à faire tomber. » La suite a nécessité 2 mois d'un « travail intensif ». « Le directeur des achats du Cnous a tout de suite identifié que nous avions été accompagnés. Nous avons obtenu la meilleure note de 95/100 quand le deuxième a atteint 70. Nous avons beaucoup appris mais il vaut mieux s'entourer », prévient Nicolas Vidal déjà épaulé par Bretagne Capital Solidaire (à 16 %), Thierry Méré de MTN (10 %) et Patrick Monseil, fondateur de Medialex et membre de Présol. D'un euro de capital de départ, il est aujourd'hui à 26.701 €.
G.B
Régie publicitaire À Rennes, Nicolas Vidal vient de remporter un appel d'offres exclusif pour le Cnous, avec l'aide de l'agence Déclic : 55 millions de serviettes par an.