Christian Degny, directeur général des Magasins Bleus, est entré dans l'entreprise en 1999. À l'époque, certains pensaient qu'ils deviendraient ringards face aux progrès des achats sur le net. Aujourd'hui, la tendance s'inverse. Explications.
La vente en véhicules boutiques n'a-t-elle pas une image vieillotte?
Notre métier est assez ancien, il est même une évolution du vieux métier de colportage. Mais nous
sommes cités en exemple par de nombreux spécialistes des observatoires de tendances du nouveau commerce.
Que recherche, selon vous, le consommateur aujourd'hui dans votre branche?
La crise économique aidant, le consommateur est en recherche d'un service de qualité et de proximité: il ne veut plus forcément faire trente kilomètres pour se rendre au supermarché! Il en veut aussi pour son argent, et en plus, il attend une certaine qualité de relation humaine avec son commerçant. Voilà qui chamboule le mode de commerce. Là, nous avons notre place au coeur de l'actualité des nouveaux comportements des consommateurs.
Face à l'augmentation du marché des ventes sur internet, comment voyez-vous l'avenir?
Il y a six ou sept ans, certains nous disaient que l'on allait se ringardiser. Nous n'avons jamais voulu nous lancer sur internet car c'est un métier que l'on ne sait pas faire. La punition aurait été de perdre notre âme. Aujourd'hui, nous sommes confiants dans le futur car nous sommes approchés par des spécialistes du commerce. Nous avons, dans le même temps, résisté à la vente par correspondance. Celle-ci est par contre entrée dans une phase de déclin.
Quelle est votre valeur ajoutée?
L'internet a ses limites, car l'achat est virtuel. Avec nos véhicules boutiques, le client sait ce qu'il achète: il peut toucher, voir, essayer, et même retourner si cela ne va pas.
C'est ce qui vous sauve par rapport au commerce classique?
Le marché a en effet connu une baisse de 12% l'année dernière. Pour notre part, nous n'avons pas subi d'érosion sur notre business, puisque nous avons même fait une meilleure année en 2008 qu'en 2007.