«Nous sommes avant tout des professionnels de santé»
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«Nous sommes avant tout des professionnels de santé»

Pharmacien et Président du conseil d'administration depuis 2000, Alain Bertheuil défend une profession qu'il juge négligée dans son rôle au sein de la chaîne de santé.


Qu'est-ce qui caractérise une coopérative?


Toute entreprise doit véhiculer des valeurs. Nous sommes persuadés que les valeurs humaines et collectives l'emporteront. C'est la force d'une coopérative: plus on travaille avec elle, plus elle vous le rend. La grande différence avec une société classique c'est que nous n'avons que deux clients au lieu de trois. Une société classique a des responsabilités envers ses clients, ses salariés et ses actionnaires. Une coopérative a en face d'elle ses salariés et des clients qui sont également actionnaires. Cela renforce d'ailleurs notre légitimité vis-à-vis de nos employés. Nos prix, nos marges, nos remises sont administrées.
On évoque l'ouverture du capital des pharmacies. Est-ce pour vous une solution d'avenir ou un risque pour la profession? Pour beaucoup la pharmacie est un secteur d'avenir qui attire toutes les convoitises. Ce qu'ils ne voient pas toujours c'est que le revenu du pharmacien est piloté par la sécurité sociale qui détermine directement l'enveloppe attribuée à chaque officine. Ce qui signifie qu'un nombre plus important de clients ne correspond pas automatiquement à une augmentation des revenus. Or, la prescription représente plus de 50% de nos revenus.
Côté client, l'image du pharmacien s'apparente-t-elle plus à celle d'un commerçant ou à celle d'un professionnel de santé

? On nous voit comme un commerce de bien-être alors que nous sommes avant tout des professionnels de santé. Nous sommes la dernière personne à contrôler un produit avant qu'une personne ne l'ingurgite. C'est aussi pour cela que faire entrer la financiarisation dans notre profession pose des problèmes éthiques. Le pharmacien est totalement responsable de ce qu'il fait. Il a une mission d'accompagnement, de conseil qui n'est pas toujours très «rentable».
L'heure semble pourtant à la libéralisation du marché?
Les Français sont les premiers consommateurs de médicaments en Europe. Que veut-on? Qu'ils consomment encore plus? Le médicament doit-il devenir un achat prévisionnel? Il faut savoir si l'on veut faire de la santé un bien de consommation.

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