Vous misez aujourd'hui le développement des éditions sur les ventes d'agendas pour les comités d'entreprises. Comment se porte le marché du livre grand public?
Cette année le marché du livre affiche un+0,9%. Mais ce score moyen est surtout obtenu grâce aux best-sellers qui tirent le marché vers le haut. Les livres de Yann Arthus-Bertrand sont comme l'arbre qui masque la forêt. Il y a une époque où l'édition régionaliste était à la mode et où le public était demandeur. Aujourd'hui tout le monde possède son livre sur la Provence. Nous devons nous distinguer par des sujets décalés ou des formats nouveaux. Depuis quatre ans, nous avons lancé une collection de calendriers et cette année nous allons sortir un calendrier panoramique ?calanques? afin d'annoncer la sortie d'un ouvrage aux dimensions inhabituelles que nous publierons lors de la création du parc national. C'est un projet sur lequel nous travaillons depuis deux ans avec le photographe Gilles Martin Raget...
Vous visez depuis toujours un marché entreprises. C'est une démarche originale...
Nous avons toujours misé sur le livre cadeau. Un produit qui soit plus qu'un simple livre et pour lequel le consommateur va s'intéresser autant au contenant qu'au contenu. Depuis toutes ces années, nous avons des clients ?entreprises? fidèles, notamment dans les Bouches-du-Rhône. Nos confrères éditeurs n'ont pas les équipes commerciales pour démarcher cette clientèle.
Le livre n'est-il pas alors réduit à un simple cadeau d'affaires?
Vendre un livre comme un cadeau d'affaires serait une erreur. Nous avons essayé de travailler en partenariat avec des sociétés qui proposent des catalogues de cadeaux d'affaires aux entreprises. Cela ne marche pas. La livre a un aspect culturel. Nous ne traitons pas avec les services ?achats?, mais bien avec la direction. Le livre est porteur d'un message et doit être la conjonction entre une actualité et l'envie ou le désir du dirigeant. Nous avons pris certes des parts de marché à des caisses de champagne, mais nous offrons un produit plus différenciant. Beaucoup d'entreprises sont aujourd'hui fières de leur appartenance au territoire.
L'évolution ces dernières années de l'image de Marseille a-t-elle des répercussions sur votre activité?
Nous avons effectivement davantage de ventes, car Marseille a accueilli plus de monde. Mais les entreprises locales avaient déjà l'envie de se revendiquer marseillaises. Au final, avec l'ouverture de la ville, notre particularisme finira au contraire par se diluer....