«En tant que fabricant de machines à affranchir, Neopost est concerné par la réglementation européenne REACH (Registration, evaluation and authorisation of chemicals). Elle oblige les industriels produisant, important ou manipulant des produits chimiques à enregistrer les substances qu'ils utilisent, afin d'épurer le marché des plus dangereuses. Nous avons entamé des démarches de pré-enregistrement dès 2008, afin d'étaler les déclarations en fonction du tonnage et de la nature des produits fabriqués en 2010, 2013 et 2018. Neopost n'importe et ne fabrique pas de produits chimiques. En revanche, nous devons nous assurer que nos fournisseurs européens assurent l'enregistrement des matières premières. En 2008, on envoyait des produits complets en laboratoire pour y détecter des substances dangereuses. Puis, nous ne faisions tester que les pièces nouvelles lors de l'évolution d'un produit. Aujourd'hui notre stratégie est de remonter à la matière pour s'assurer de sa conformité. C'est plus avantageux en terme de coût et de temps, car la réglementation évolue. En 2008, on recherchait 14 substances. En 2012, 83. Et à chaque évolution du règlement, il faut refaire les tests. On préfère donc se tourner vers les données des fournisseurs».
Impact sur les marges
«Les procédures sont extrêmement lourdes et les mises à jour fréquentes. Les exigences doivent être prises en compte dès la conception du produit. REACH englobe donc des compétences transversales au sein des services R & D, achats et qualité de Neopost. Cela nous demande de l'investissement, du temps pour la mise en place des tests et des hommes. Ça peut effectivement impacter nos marges, tout comme les fournisseurs pourraient à terme répercuter ces hausses. La dernière échéance est en 2018, mais ne concerne que les substances dites "très préoccupantes" (SVHC). On ne sait pas où ça va s'arrêter... L'avenir sera de trouver des substances alternatives à ces produits dangereux qui soient économiquement viables».
Un frein pour les PME
«Dans le B to B nous sommes moins exposés en terme d'image qu'une entreprise B to C.Nous avons découvert dans nos produits une seule substance très préoccupante, le DEHP, un phtalate utilisé pour assouplir le plastique. Nous en avons tenu compte dans la conception des nouveaux produits de la gamme, en éliminant cette substance du process de fabrication. Nous sommes un groupe international, mais n'ayant pas la force de frappe des plus grands, qui eux se sont organisés pour répondre à REACH. Pour une PME, cette réglementation est un frein très fort.»
Neopost
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