« Nous avons réduit notre risque fournisseurs »
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« Nous avons réduit notre risque fournisseurs »

SON DÉFI La Salm (Cuisines Schmidt, Cuisinella, EMK), basée à Lièpvre, a adopté une démarche de sécurisation de ses achats, pilotée par Christophe Christen.

« Dans notre entreprise, le poste achats (hors électroménager) représente 60% de notre chiffre d'affaires, soit environ 240 M?. C'est donc un enjeu important qui nécessite une politique de gestion du risque. Nous avons adopté depuis cinq ans, une démarche de sécurisation de nos achats. Nous l'avons appliquée uniquement à nos achats matière, car pour les prestations intellectuelles, l'achat de bâtiments, etc, il s'agit d'une autre approche. A lui seul, le poste des achats matière et composants compte déjà 250 fournisseurs et pèse 120 millions d'euros de chiffre d'affaires. Chaque fournisseur est un risque potentiel. Nous avons évalué les 250 fournisseurs selon des critères de criticité. Nous avons défini cinq critères principaux : l'interdépendance du chiffre d'affaires (à la fois chez eux et chez nous). Les règles comptables conseillent de ne pas dépasser 20%. Dans le groupe, on s'est fixé une règle plus stricte : aucun fournisseur ne doit dépasser 0,5% de notre chiffre d'affaires. Nous examinons aussi le nombre de fournisseurs d'un produit sur le marché et les conséquences du manque d'un produit non livré par un fournisseur. Une simple coulisse, charnière ou même une colle peut bloquer toute notre production. Le quatrième critère que nous prenons en considération est la difficulté à trouver un produit alternatif. Par exemple, si un fournisseur a développé une vis spécifique à la Salm, il nous sera plus difficile de trouver une vis de substitution. Le dernier critère mesure la capacité à remplacer l'ensemble des produits d'un fournisseur (au cas où l'usine de celui-ci brûlerait, par exemple) », explique Christophe Christen, acheteur et pilote de la sécurisation des achats à la Salm. « Pour chaque risque, nous avons mis en place des outils stratégiques, informatifs et opérationnels. Nous avons signé des contrats de partenariat avec nos fournisseurs. Nous leur donnons des prévisions, nous communiquons avec eux de façon transparente et nous nous engageons sur des délais de paiement de 15 jours en moyenne. Cela nous permet de progresser ensemble. Quand on grandit, nos fournisseurs grandissent aussi. Nous allons d'ailleurs signer ce mois-ci la "Charte Relations fournisseur responsables" élaborée par la Médiation Inter-entreprises, la Médiation des Marchés Publics et la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF).




Identifier des fournisseurs de substitution

Parmi les outils informatifs, nous procédons à des analyses financières ou des audits de nos fournisseurs. Et pour chaque typologie de produits, nous avons établi une liste de produits alternatifs. Nous effectuons également une veille sur le marché pour identifier des fournisseurs de substitution. Tous les deux ans nos réévaluons nos fournisseurs sur ces critères de risques, et les nouveaux sont systématiquement évalués à leur entrée. Nous n'avons pas réussi à sécuriser à 100% nos 250 fournisseurs. Nous ne sommes que huit salariés au service achat et il n'y a pas une personne dédiée à la réduction des risques. En plus, nous avons plus de 40.000 lignes d'articles et des nouveaux produits en permanence. Mais nous avons fixé des critères de priorisation, nous sécurisons les postes importants. Notre démarche s'amplifiera dans le temps ».

SALM



(Lièpvre) Présidente : Anne Leitzgen CA 2013 : 399M€ 1.300 salariés 03 89 58 24 00

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