Quelles sont les missions remplies par l’Aidera Var ?
Passée en quatre ans et demi d’un budget de 5,5 millions d’euros à 8 millions d’euros, de 90 à 140 salariés, l’Aidera Var (association pour l’inclusion, le développement, l’éducation et la recherche pour l’autisme) accompagne 800 personnes chaque année à travers ses différents pôles.
Le pôle jeunesse regroupe un Institut médico-éducatif à Toulon, qui emploie une quarantaine de salariés et accueille 27 enfants et jeunes adultes, deux Sessad (service d’éducation spécialisée et de soins à domicile) et une unité mobile de soutien à l’inclusion. Ce " Samu de l’école ", installé sur la commune de Barjols, intervient en 48 heures et bénéficie à 180 familles par an. Pour les jeunes toujours, nous avons un pôle ressources "Guidance parentale" et Var Autisme loisirs, opérationnel durant les vacances scolaires.
Aidera Var accompagne aussi une soixantaine d’adultes, à travers une maison d’accueil spécialisée, à Cuers, un dispositif itinérant et une solution de répit. Enfin, nos équipes d’infirmiers et médecins interviennent au sein des hôpitaux de Toulon/La Seyne-sur-Mer et Brignoles pour faciliter l’accès aux soins des personnes en situation de handicap.
À partir de quel moment vous êtes-vous interrogée sur l’attractivité des métiers ?
Je dirige cette structure depuis quatre ans et demi. Nous accompagnons des publics difficiles et nous rencontrions des difficultés à fidéliser nos professionnels. Nous nous sommes demandé comment nous pouvons faciliter le recrutement, dans le respect de nos valeurs, à savoir prendre soin des familles, comme de nos salariés.
Quelles solutions avez-vous déployées ?
Nous avons commencé par nous attacher à l’équilibre vie pro/vie perso : chaque professionnel réalise désormais son temps hebdomadaire de travail en trois jours et cette mesure, à elle seule, a considérablement renforcé notre attractivité.
Pour chaque salarié, nous avons mis en place un système d’heures volontaires, payées à la fin de chaque mois. En 2024, ce nombre d’heure volontaires travaillées a par exemple représenté 2 705 heures, pour 140 salariés.
Ainsi, nous avons pu baisser le recours à l’intérim, offrir davantage de stabilité à nos résidents et surtout une rémunération plus intéressante aux professionnels qui souhaitent travailler plus.
Nous avons aussi consacré du temps aux réponses apportées face aux violences constatées dans nos établissements : nous avons réalisé un important travail de communication pour que chaque accident du travail, même bénin, soit déclaré et nous avons investi dans un logiciel dédié au traitement des événements indésirables. Cette mesure change tout dans le dialogue social en interne.
Enfin, nous proposons à tous nos salariés un plan pluriannuel de formation pour gagner en compétences et nous avons organisé un séminaire de trois jours pour créer une culture commune.
Quelles mesures ont été prises, spécifiquement, pour les cadres ?
Nous comptons 6 cadres en interne et nous avons été formés par une superviseuse à l’élément humain : il s’agissait de mieux se connaître soi-même pour être en mesure d’accompagner les autres. L’effet de miroir est omniprésent au sein d’un groupe et il est donc primordial de pouvoir renvoyer une image honnête et sincère.
Quels sont les résultats de cette politique RH ?
Cela prend du temps, mais nous avons relancé un cercle vertueux, nous avons donné l’envie à des professionnels de nous rejoindre.
Depuis quatre ans que cette politique RH se met en œuvre, nous recevons aujourd’hui des CV, l’Agence régionale de santé nous fait confiance sur le déploiement de nouveaux dispositifs, grâce à l’engagement de tous.
L’absentéisme a chuté de 20 % dès la première année et nous arrivons désormais à recruter des personnes en CDI ou CDD plus facilement. Et, lorsque, nous avons encore besoin d’intérimaires, nous faisons appel aux services de la coopérative Nactim.
Quels sont les prochains chantiers ?
Nous venons d’ouvrir la possibilité à nos salariés de demander un congé sans solde de 6 mois pour tester quelque chose ailleurs, de manière sécurisée. Au sein de l’IME (institut médico-éducatif), nous voulons améliorer le travail collectif, repenser le travail d’équipe.
Cela ne relève pas directement des ressources humaines, mais ça participe indirectement aux revenus et à la motivation de nos salariés. Nous allons créer, en 2026, un fonds de dotation pour diversifier nos ressources et ainsi nous donner les moyens d’innover, de proposer de nouvelles choses. Depuis quelques, nous avons lancé aussi notre première campagne de financement participatif sur Uningo avec l’objectif de lever 20 000 euros. Avec un budget actuellement de 8 millions d’euros, presque intégralement soutenu par l’Agence Régionale de Santé, ces ressources complémentaires permettront notamment de donner vie à des projets imaginés, au départ, par nos salariés.