«Avec Aerotrade, nous sommes en train de faire quelque chose qu'Airbus attend depuis longtemps, dont tout le monde parle mais que personne n'a encore réussi à mettre en place: l'entreprise étendue. Le principe: chacun reste chez soi mais nous nous associons pour mutualiser un ou plusieurs départements de nos entreprises. Quand nous nous sommes lancés dans ce projet, en 2007, il s'agissait avant tout de réagir à un changement de stratégie de notre donneur d'ordres (Airbus, ndlr) jugeant qu'acheter de la matière était trop éloigné de son coeur de métier. Ça l'était tout autant du nôtre mais il a bien fallu s'adapter. Ce que nous n'avions pas imaginé, c'est que de cette situation contrainte allait naître une vraie collaboration entre des acteurs d'une même filière qui s'étaient toujours vus comme des concurrents. Pour cela, nous pouvons dire merci à Gérard Soula et à quelques autres comme Patrick Bodenan, Jean-Marc Thomas et Didier Katzenmayer qui ont grandement contribué à la réussite d'Aerotrade.»
Des associés égalitaires
«L'idée de départ a été de créer une structure la plus légère et la moins chère possible. Nous avons donc opté pour une SAS, à laquelle chacun des neuf associés actuels (cf. note) a apporté 160.000 euros contre une part égale du capital. Pour l'instant, l'objectif d'Aerotrade n'est pas de nous faire économiser de l'argent mais de sécuriser l'achat de matière. Avant, notre donneur d'ordres achetait cette matière et nous la mettait à disposition. Maintenant, nous profitons des contrats passés par Airbus pour bénéficier des prix de volumes consolidés mais, au final, la matière nous coûte toujours autant. L'intérêt d'Aerotrade sera encore plus évident quand, dans un deuxième temps, nous mutualiserons nos achats d'assurances, d'équipements, etc. : là, nous serons réellement en position de négocier, donc de générer des économies pour nos entreprises.»
Des préalables à l'ouverture
«Mais, avant d'en arriver là, il nous reste plusieurs étapes à franchir. Une première commande d'alliage léger vient d'être passée au profit d'un de nos associés : elle prouve que nous sommes capables de travailler ensemble et que la partie logistique est au point, donc que l'ERP spécifique, développé pour convenir à tous, fonctionne. Quelques négociations sont encore en cours avec Airbus et nos partenaires financiers mais on peut dire que nous avons transformé l'essai ! Un nouveau front s'ouvre maintenant: l'embauche de collaborateurs et la recherche de nouveaux locaux. En plus de Céline Sandrin qui nous a rejoints en octobre comme directrice opérationnelle, nous avons besoin de chargés d'affaires. Quant à notre siège social, il est hébergé depuis le début par Aerospace Valley- soutien indéfectible du projet- mais il est temps qu'Aerotrade prenne son envol. Pour ce qui est de s'élargir, nous le souhaitons tous. Nous avons d'ailleurs reçu une dizaine de demandes officielles d'entreprises qui souhaitent intégrer la structure. Mais faire entrer un nouvel associé signifie assumer son manque de BFR donc avant de s'élargir, Aerotrade devra avoir fait quelques bénéfices.»
Aerotrade
Les neuf entreprises associées d'Aerotrade sont Cauquil, Espace, Figeac Aero, Lauak, Map, Maz'Air, Mecahers, Sotip et Sud Aéro