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"Notre nouveau fonds d’actions a le plus haut rendement aujourd’hui en France"
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Sébastien Henin directeur général d’Alienor Capital "Notre nouveau fonds d’actions a le plus haut rendement aujourd’hui en France"

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Le gestionnaire de portefeuilles bordelais Aliénor Capital (13 salariés) vient de lancer un fonds d’actions européennes à forte rentabilité, pour lequel il espère lever 100 à 150 millions d’euros. Il pourrait devenir son fonds principal et attirer des clients au-delà de la France et de la Belgique tant ses promesses sont séduisantes en rémunération avec un risque moyen, selon son directeur général Sébastien Henin.

Sébastien Hénin, directeur général d’Aliénor Capital à Bordeaux, directeur de la gestion privée et des grands mandats, est très optimiste quant au succès du nouveau fonds action Alienor High Dividends Europe — Photo : Caroline Ansart

Aliénor Capital a lancé le 31 décembre 2025 Alienor High Dividends Europe, en quoi consiste ce fonds d’actions ?

C’est le fonds d’actions le plus rémunérateur sur le marché en France aujourd’hui, à 6,3 % au 6 février 2026, quand le rendement moyen des fonds concurrents ou des ETF (fonds cotés) est de l’ordre de 4 %. Il investit dans des sociétés européennes de grande taille, qui distribuent des dividendes élevés et qui sont dotées d’une bonne visibilité. À l’origine c’était un type de mandat en gestion privée que l’on proposait à des clients depuis deux ou trois ans. Les mandats étant une partie de notre activité (à côté du conseil) pour lesquels nos clients (des investisseurs institutionnels, des entreprises) nous confient une somme d’argent autour de laquelle nous définissons une stratégie sur mesure et un degré de risque. Ce mandat a dépassé toutes nos attentes. Nous avons décidé de l’ouvrir plus largement en créant un fonds, qui regroupe les sommes avec une stratégie commune.

Comment peut-il être si rémunérateur en dépit d’un risque moyen (4 sur 7 sur l’échelle traditionnelle d’indication du risque) ?

Beaucoup d’entreprises que nous choisissons sont "value" : elles n’affichent pas de grosse croissance — contrairement aux valeurs dites de croissance comme l’IA, les data centers, etc. -, et ont subi une décote importante. Il y a un écart de valorisation entre ces deux catégories qu’on n’avait pas connu depuis la bulle internet. On retrouve par exemple les banques : le secteur n’a pas bougé pendant 10 ans en raison de taux d’intérêt très bas et d’injonctions de la part de la Banque centrale européenne depuis 2008 les contraignant à capitaliser et les empêchant de distribuer des dividendes. Le contexte a changé mais les actions demeurent bon marché. Idem pour les sociétés foncières. On regarde par ailleurs les "anges déchus", des sociétés pérennes à petite croissance mais avec des positions dominantes, des fortes marges, que la conjoncture a temporairement déclassées, comme Pernod Ricard, ou La Française des Jeux.

"On va assister cette année à une accélération de la progression des résultats des entreprises cotées en Bourse, on s’attend à 9 à 10 % de croissance."

Quant au risque, il est effectivement moins élevé qu’un fonds action classique (5 sur 7) précisément parce que ce sont des valeurs dites "défensives à faible croissance" : elles sont relativement stables, il n’y aura pas de surprises majeures.

Pourquoi le créer maintenant alors que la conjoncture n’est pas favorable ?

La conjoncture n’est pas favorable mais les indices boursiers sont au plus haut, aux États-Unis ou en Europe. Il y a une certaine déconnection entre l’actualité géopolitique et l’activité économique pour les grandes entreprises. On va assister cette année à une accélération de la progression des résultats des entreprises cotées en Bourse, on s’attend à 9 à 10 % de croissance.

À qui s’adresse-t-il ?

Ce fonds est beaucoup moins élitiste que les mandats de gestion qui s’adressent à des clients à partir de 400 000 euros. Nous nous adressons là à des entreprises, des institutionnels et des particuliers dès 5 000 euros d’investissement. Les particuliers constitueront probablement la majorité puisque ce sont eux qui détiennent l’essentiel de l’épargne en France.

"Comme pour tout fonds actions, on est sur du temps long, au moins 6-7 ans, et des dividendes distribués une fois par an."

Ils pourront souscrire via des conseillers en gestion de patrimoine, par des comptes-titres ou des contrats d''assurance-vie, sachant que nous sommes référencés chez Cardif et espérons l’être dans les mois qui viennent dans la quasi-totalité des compagnies d’assurance-vie en France. Comme pour tout fonds actions, on est sur du temps long, au moins 6-7 ans, et des dividendes distribués une fois par an.

Pour Aliénor Capital ce fonds revêt-il un enjeu particulier comparé aux autres produits que vous proposez ?

Pour un petit acteur local comme nous (créé à Bordeaux il y a 17 ans, CA non communiqué, NDLR), créer un fonds n’est pas si fréquent, il s’ajoute aux cinq autres que nous proposons, mais nous nourrissons pour lui de grandes ambitions. Nous pensons pouvoir lever 100 à 150 millions d’euros d’encours dans les deux à trois prochaines années. Ce sera le fonds le plus important pour notre société. Nous avons débuté la promotion auprès de gestionnaires de patrimoine avec de très bons retours, allons aussi contacter des Family Offices, quelques investisseurs institutionnels. Nous réfléchissons à dépasser nos frontières françaises et belges pour l’ouvrir par exemple à la Suisse.

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