Hervé Depouez,
président Compagnie régionale des commissaires aux comptes, Rennes
Votre prochaine assemblée générale, le 21 octobre à Dinan, abordera le thème de la crise. La situation économique modifie-t-elle votre mission?
Depuis toujours on a une mission de procédure d'alerte. Mais elle est particulièrement importante en temps de crise. Dans le contexte actuel, on se doit d'être plus vigilant. On doit par exemple s'interroger sur certaines valeurs d'actifs. Il faut déterminer si tous les biens ont une réelle valeur. Je pense particulièrement aux sociétés qui ont des filiales.
Comment se passe une procédure d'alerte?
C'est le commissaire aux comptes qui alerte le dirigeant sur les difficultés qu'il entrevoit. Un chiffre d'affaires qui baisse, des marges moins bonnes... Le commissaire aux comptes se doit de demander au dirigeant quelles dispositions il prévoit pour endiguer ces difficultés. La deuxième phase est de prévenir le conseil d'administration s'il s'agit d'une SA, puis l'assemblée générale, et enfin le tribunal de commerce. Le chef d'entreprise est conscient que c'est pour le bien être de sa société.
Pensez-vous que la mission d'un commissaire aux comptes est bien comprise par le chef d'entreprise?
Notre métier n'est pas suffisamment compris. Nous ne sommes pas des censeurs mais des professionnels qui participent à la vie de l'entreprise. Notre première action est de nous prononcer sur les comptes présentés par l'entreprise. Et celle-ci sait que si ses comptes ne sont pas certifiés, cela peut avoir des conséquences, vis-à-vis des tiers notamment. Notre deuxième action est la révélation des faits délictueux. Dans le cas par exemple d'abus de biens sociaux, nous sommes obligés d'en informer le procureur de la République. Ce n'est pas un rôle facile, mais il faut prendre cela comme une mission de protection patrimoniale du chef d'entreprise.
(Contact: 02 99 31 57 87.
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- TROIS QUESTIONS À