La nouvelle réglementation parasismique ne va pas faire que des heureux. Tous les permis de construire déposés à partir du 1ermai 2011 devront en tenir compte. En Bretagne, classée en zone 2 dite faible, seront seulement concernées les nouvelles constructions de catégorie d'importance trois et quatre. À savoir les établissements scolaires, sanitaires et sociaux, pouvant accueillir plus de 300 personnes, les centres de production collective d'énergie. Seront également visées les habitations collectives et bureaux d'une hauteur de plus de 28 mètres. «Le ferraillage va alourdir les budgets de construction», analyse Julien Thomazo, conseiller technique et économique à la Capeb. «Et les coûts de mise aux normes parasismiques vont osciller entre 0 et 2% du budget des maisons individuelles, 0 et 3% pour l'habitat collectif.» Encore le Morbihan doit-il s'estimer heureux par rapport à son voisin de Loire-Atlantique, classé lui en zone 3 dite modérée et qui devra donc même veiller au grain pour ses habitations individuelles.
Quid des bailleurs sociaux?
La nouvelle norme n'est en tout cas pas une bonne nouvelle pour les bailleurs sociaux morbihannais qui doivent produire de gros volumes rapidement. Grégory Heslot, directeur de la maîtrise d'ouvrage et du développement chez Bretagne Sud Habitat, organe du conseil général du Morbihan en matière de logement social, estime d'ailleurs la nouvelle réglementation «un peu exagérée». Claude Le Gallic, directeur du département développement construction à Lorient Habitat, signale pour sa part ne réaliser «que très peu de bâtiments de plus de 28 mètres. Cela correspond à des immeubles de dix niveaux or même un immeuble de cinq étages n'est haut que d'une quinzaine de mètres. Nous avons une tour en cours qui fait 18 mètres mais nous en avons surtout abattu quatre depuis trois ans, dans le cadre de la rénovation urbaine.»
Gendarmeries et aéroports
Certes, les tours ne sont plus très tendance. N'empêche que la réglementation parasismique devra aussi être scrupuleusement appliquée aux nouveaux centres météorologiques, aux établissements de santé nécessaires à la gestion de crises, aux bâtiments assurant le contrôle de la sécurité aérienne et à tous ceux nécessaires au maintien de la sécurité et de l'ordre public. Sans parler des infrastructures nécessaires à la distribution des énergies, de l'eau, des communications. Philippe Mouret, dirigeant du constructeur de maisons à ossature bois, lui, l'assure: «les maisons à ossature sont probablement encore les mieux placées face au risque sismique. Le bois a plus de souplesse. Une maison à ossature bois va casser mais en tout cas elle ne risque pas de s'écrouler en cas de tremblement de terre.»
Réglementation La Bretagne ne prévoit pas de seisme de magnitude 9. Mais les professionnels du bâtiment devront se plier aux nouvelles règles parasismiques.