Proposer une aide technique pour passer de la position assise à la position allongée pour les personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie, c’est le projet porté par Ahmad Chalhoub. Ergothérapeute de formation, l’entrepreneur a créé Noctimed (10 collaborateurs) en 2024. Et espère entamer la commercialisation de son dispositif de santé breveté au 1er, voire au 2e semestre 2027.
Pour franchir ce pas, la start-up basée dans les Vosges a clôturé en novembre 2025 une levée de fonds, dont le montant n’est pas communiqué à ce stade. L’opération comporte des financements dilutifs et non dilutifs. Les fonds dilutifs sont entièrement apportés par l’entreprise D Medica (CA 2024 : 43,2 M€), filiale de La Coopérative Welcoop (CA : 409 M€ ; 2 000 salariés), basée à Villers-lès-Nancy. Ahmad Chalhoub, le président de Noctimed, reste majoritaire au capital de l’entreprise.
Structurer l’entreprise
"D Medica n’est pas seulement un actionnaire. C’est surtout un acteur expert des dispositifs médicaux, qui nous apportera une aide stratégique pour le lancement de notre produit", appuie Ahmad Chalhoub. Spécialiste de la prestation de santé à domicile, D Medica regroupe 20 agences, 12 000 patients et 320 salariés. Entre les deux entreprises, un an et demi de discussions ont été lancées avant l’engagement de D Medica. "Nous n’étions jusqu’ici que des distributeurs de produit : il nous fallait franchir ce cap de l’innovation", explique Jean-Sébastien Becker, président de D Medica. Pour le développement de son dispositif, la start-up s’appuiera par ailleurs sur le support d’un conseil scientifique. Incubée chez Grand Nancy Innovation, Noctimed est par ailleurs soutenue financièrement par des partenaires publics et institutionnels, dont Bpifrance et la Région Grand Est.
Combler un léger retard
La levée de fonds permettra à la start-up de maintenir son calendrier, malgré un léger retard pris dans le développement. "Nous n’avions pas prévu les guerres, ni la conjoncture économique… Nous avons connu des retards, qui ont gonflé le prévisionnel", poursuit Ahmad Chalhoub.
"L’objectif est de vendre 400 dispositifs par an"
"Nous entrons désormais dans l’exécution. D’ici 18 mois, notre dispositif sera sur le marché", vise le président. Dans ce laps de temps, l’entreprise vise notamment l’obtention du marquage CE, permettant de commercialiser son innovation en tant que matériel médical. "L’objectif est de vendre 400 dispositifs par an", vise le président.
Renforcer l’autonomie
"On s’aperçoit que les services à la personne sont de gros fournisseurs d’accidentés du travail. […] Il faut renforcer l’autonomie des personnes en situation de handicap et améliorer la situation pour les aidants et les professionnels de santé", témoigne Olivier Dossmann, ancien directeur de l’institut de formation en ergothérapie de Nancy. "Quand une personne ne peut plus se coucher ou se relever du lit, c’est là qu’on bascule dans la dépendance", ajoute Ahmad Chalhoub.