Le bordelais Newheat (50 salariés, 2,1 M€ de CA en 2023), fournisseur de chaleur renouvelable spécialisé, depuis sa création en 2015, dans le solaire thermique, élargit son champ d'action. La PME, qui cible autant les industriels que les réseaux de chaleur urbaine des collectivités (40 MW en exploitation) agrandit son offre face à la demande en souplesse accrue de sa clientèle. La PME s'ouvre à la récupération de chaleur fatale (issue des industriels ou d'un système de combustion), au stockage d'énergie, à la géothermie, aux pompes à chaleur, au biogaz et à la biomasse (méthaniseurs).
Combiner les briques
Dans les tuyaux depuis longtemps, l'idée s'est réellement intégrée à sa R & D en 2022 et porte ses premiers fruits cette année, avec des premiers projets en cours de réalisation. "Élargir notre offre de solutions techniques nous permet de rebondir et d'ajuster les projets", raconte Pierre Delmas, président et directeur technique de l'entreprise.
Newheat, qui avait bouclé une levée de fonds de 30 millions d'euros en novembre 2023 et affichait l'ambition d'investir 150 millions d'euros pour développer 15 autres centrales, avance désormais sur plusieurs chemins parallèles, autant pour mieux répondre aux besoins spécifiques de chaque projet que pour se développer plus rapidement — sans décupler les besoins en foncier — dans un contexte incertain "où les attentes du marché changent", assure le dirigeant.
"Depuis quelques mois, l'opportunité de l'électrification de la chaleur devient de plus en plus pertinente avec la baisse du coût de l'électricité".
"En tant qu'intégrateur, nous sommes neutres sur le mode d'énergie à privilégier, on peut donc combiner ces briques et mettre en place du stockage de chaleur, journalier comme saisonnier", poursuit Pierre Delmas. "La rentabilité économique des projets peut aussi être atteinte sans frein éventuel provoqué par une baisse du marché du solaire thermique. Et depuis quelques mois, l'opportunité de l'électrification de la chaleur devient de plus en plus pertinente avec la baisse du coût de l'électricité".
Un export ambitieux
La société voit aussi dans l'expansion de son offre un moyen de se différencier à l'international. Si elle tire toujours la majeure partie de ses revenus en France, ce n'est, à l'entendre, que temporaire, les projets internationaux étant — en taille comme en besoins financiers — bien plus ambitieux. "Là où nous sommes entre 2 et 20 millions d'euros d'investissement unitaire en France, les projets en Europe visent plutôt 40 à 150 millions", assure Pierre Delmas.
À cette fin, Newheat, déjà présent en Europe (Espagne, Pologne, Croatie…), a annoncé le 11 décembre la création de Newheat Latam, un joint-venture au Chili avec Sunmark Chile, filiale du groupe danois éponyme présent localement depuis 2012. Leur objectif commun : décarboner les mines de cuivres — le pays abritant les plus grandes du Monde qui pèsent environ 7 % de ses émissions de CO2 — en massifiant le recours au solaire thermique.
"On vient chercher chez eux une présence commerciale, une visibilité sur le marché chilien et le péruvien et leurs connaissances sur le déploiement opérationnel. Ils sont intéressés par notre positionnement intégré, notre capacité à apporter les financements et à opérer les actifs dans la durée. Nous avions intérêt à rejoindre nos forces", termine le dirigeant. Nul doute que l'aventure chilienne, si elle est la première outre-Atlantique, ne devrait pas être la seule.