Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire. Pour faire court : les Cigales. Le principe n'est pas nouveau puisque le premier Cigales a vu le jour en 1983 dans le Nord. Depuis, le phénomène s'est répandu comme une traînée de poudre à travers la France. 230 Cigales actives sont recensées sur tout le territoire, une vingtaine en Rhône-Alpes. Et le concept plaît particulièrement aux Ligériens puisque neuf de ces 20 clubs rhônalpins sont implantés dans la Loire. Un engouement porté par la dynamique d'un homme, fervent adepte de l'épargne solidaire : François Odouard. Depuis 2010, il prêche la bonne parole dans le département. Ses arguments semblent trouver un écho plus que favorable puisque depuis le début de son "pèlerinage" il y a sept ans, plusieurs clubs d'investisseurs se sont lancés. François Odouard est loin d'être un inconnu puisqu'il a dirigé le Toit Forezien (logements sociaux) de 1980 à 2009, structure dont il continue d'assurer la représentation officielle.
« Pour 7,5 euros, je préfère militer pour un projet local »
« Quand j'ai investi la première fois, dans un club Cigales, mon objectif était de soustraire mon épargne aux banques pour l'injecter dans des projets locaux que je pouvais choisir. Un livret A rapporte très peu aujourd'hui. Si je place 1 000 euros, je gagne 7,50 euros. Franchement, pour cette somme dérisoire, je préfère militer et placer mon argent dans l'économie locale, même s'il n'y avait pas de gain financier au bout », s'enthousiasme François Odouard.
Le principe du Cigales : des investisseurs particuliers créent un club, en indivision, pour une période maximale de dix ans. Chacun investit, chaque mois entre 15 et 450 euros. L'épargne est constituée les cinq premières années puis investie dans des projets les cinq suivantes. Le Cigales prend entre 5 et 25 % du capital des sociétés aidées et se retire au bout de cinq ans. « Nous ciblons principalement les porteurs de petits projets, désireux de créer leur propre emploi. Un tiers des entreprises accompagnées sont en SA ou SAS, un tiers en Scop ou SCIC. Le tiers restant concerne des associations ».
Le soutien apporté par les Cigales n'est pas que financier puisque les Cigaliers bénéficient de formations pour épauler les créateurs d'entreprise dans leur stratégie. François Odouard est impliqué dans les Cigales du Pilat mais accompagne la plupart des autres clubs locaux : à Saint-Étienne (deux Cigales), à Pélussin, Firminy et Annonay. Deux autres clubs devraient être créés prochainement à Chazelles-sur-Lyon.