Nass&Wind : Une stratégie dans le sens du vent
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Nass&Wind : Une stratégie dans le sens du vent

Le bureau d'études lorientais spécialisé dans les énergies renouvelables marines s'apprête à mettre les bouchées doubles. Sa stratégie à long terme a déjà reçu les faveurs de l'État. Pour autant, rien n'est encore joué.

C'est sur la base des sous-marins de Lorient, dans le nouvel espace tertiaire Celtic Submarine qu'est en train de se construire une filière industrielle française dédiée à l'éolien offshore. Incubateur de cette filière, l'entreprise lorientaise Nass&Wind, dirigée par Nathalie Le Meur (49 salariés dont une vingtaine d'ingénieurs de haut niveau) pourrait être au coeur de ce déploiement qui prévoit à terme la création de 5.000 à 10.000 emplois. Pour l'heure, rien n'est encore fait.




Soutien de l'État

Soutenue par l'État, la filière industrielle dédiée à l'éolien offshore doit bénéficier d'une enveloppe de 100millions d'euros dans le cadre du programme des investissements d'avenir. C'est ce qu'a indiqué Nicolas Sarkozy fin janvier lors de son passage à Saint-Nazaire. Dans le même temps, le président de la République annonçait le lancement de la première tranche d'appel d'offres éolien offshore français concernant cinq zones, dont la baie de Saint-Brieuc et celle de Guérande.





Deux zones parmi lesquelles Nass&Wind a déjà développé de nombreuses études de faisabilité et investit plus de six millions d'euros. Ce qui lui confère une longueur d'avance. «Ces deux sites retenus par l'État confortent notre stratégie et nos études menées depuis trois ans. Nous pouvons aujourd'hui nous consacrer aux études complémentaires sur la nature des fonds marins et les mesures du vent», explique Xavier Ferrey, directeur de la communication.




Préparer les réponses aux appels d'offres

Les appels d'offres seront lancés début avril et attendront les réponses pour l'automne avant une proclamation des résultats début 2012. En attendant, Nass&Wind est en train de valider l'organisation d'un consortium d'industriels et d'énergéticiens avec lesquels il va pouvoir travailler et investir entre un milliard et 1,5milliard d'euros dans chaque projet. L'entreprise lorientaise se retrouvera vraisemblablement en concurrence avec Powéo et Vent d'Ouest pour le projet briochin ; Enertrag et EDF Energies Nouvelles pour le parc guérandais. Si Nass&Wind est retenu sur l'un ou l'autre des projets, les effectifs devraient être étoffés de manière conséquente.




Projets collaboratifs

De quoi assurer un bel avenir à Nass&Wind et participer à la création de cette filière dédiée à l'éolien offshore. Une filière qui prendrait racine à Lorient.

Au coeur d'un tissu industriel varié comprenant des acteurs de l'aéronautique, de l'automobile, des chantiers navals, de la chaudronnerie, des fondations... Depuis près de trois ans, un projet réunit déjà un pool de compétences autour de l'éolienne offshore flottante de grande puissance, WinFlo: Nass&Wind, DCNS, SAIPEM, l'ENSTA Bretagne, In Vivo Environnement et l'Ifremer. 40millions d'euros d'investissement sont nécessaires pour réaliser le démonstrateur grandeur nature qui sera testé en situations réelles. L'enveloppe de 13,4millions d'euros allouée par l'État est arrivée comme un cadeau au pied du sapin le 23décembre dernier. Un bol d'air pour les investisseurs qui se concentrent désormais sur la partie opérationnelle.




Tests à Groix

Lorient ne bénéficie pas d'un traitement de faveur. Si la Région a annoncé son souhait de concourir au financement du démonstrateur, elle est par ailleurs engagée auprès d'un projet d'hydrolien à Paimpol-Bréhat à hauteur de trois millions d'euros. DCNS vient d'annoncer sa participation au capital d'OpenHydro, opérateur du projet d'EDF pour ce parc d'hydroliennes. Chez Nass&Wind, Stéphane Jedrec, directeur stratégie du groupe précise: «Le design du démonstrateur vient d'être validé, il a déjà été testé en bassin.Nous achevons les études en 2011, le construirons en 2012 et le mettrons à l'eau en 2013.» Après une batterie de tests entre2013 et2014, WinFlo sera fabriqué en série en 2015-2016 pour une commercialisation internationale. L'objectif étant de parvenir à une cadence de production de 100 unités par an en 2020. Avec Groix comme site d'essai de la technologie éolienne flottante, la filière compléterait son organisation stratégique depuis Lorient. Pour l'heure candidat, le site pressenti à six milles au sud de l'île, attend l'annonce officielle de l'État.





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