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Nantes : «Faut-il qu'un hôtel se casse la figure pour commencer à bouger?»
Nantes # Commerce

Nantes : «Faut-il qu'un hôtel se casse la figure pour commencer à bouger?»

Hôtellerie Président du club hôtelier, Gilles Cibert tire la sonnette d'alarme. L'offre de chambres serait devenue trop importante à Nantes.



Gilles Cibert, que vous inspirent les résultats économiques du Voyage à Nantes dont se félicite la mairie?

La communication de la mairie dit que tout va bien, que c'est l'euphorie. Le Voyage à Nantes a été un succès, mais ce succès n'a pas permis à l'hôtellerie de sortir de la crise. Je voudrais faire prendre conscience à la mairie de la gravité de la situation de l'hôtellerie nantaise.


Pourtant, selon le Voyage à Nantes, le nombre de nuitées a été en augmentation de 3,8% cet été à Nantes, alors que l'hôtellerie française plonge de 2,2%...

Jean Blaise (NDLR: directeur du Voyage à Nantes) raisonne en valeur absolue, moi en taux d'occupation. Voilà la différence! Les hôtels nantais se partagent un gâteau qui augmente, mais qui progresse moins vite que la hausse du nombre de chambres. Résultat, depuis un an, la recette moyenne par chambre plonge de 9,1% pour le milieu de gamme, selon une étude Deloitte. Dans cette catégorie, les hôtels nantais se classent 17e sur 19, avec une recette moyenne par chambre de 48euros.


L'offre hôtelière est donc trop importante à Nantes?

Depuis un an, la ville a gagné 650 chambres. Dans l'année qui vient, à peu près le même nombre va arriver. Certains établissements, comme le Radisson ou le Sozo, apportent quelque chose à l'attractivité de la ville. Mais d'autres-et je pense notamment à certaines résidences hôtelières qui massacrent les prix-s'inscrivent dans une pure logique de promotion immobilière. Depuis 2005, 3.400 chambres ont été créées! Dans le même laps de temps, on estime que la taxe de séjour a augmenté de 25%. À comparer à la croissance de 47% du nombre de chambres. Économiquement, l'équation est intenable.


Y a-t-il aujourd'hui de la casse parmi les hôtels nantais?

À ma connaissance deux ou trois petites structures ont arrêté. Mais beaucoup d'hôtels font aujourd'hui des plans d'économie assez importants. Depuis un an, on a 9,1% de chiffre d'affaires en moins et 1,3% de TVA en plus. Maintenant, faut-il qu'un hôtel se casse la figure pour commencer à bouger?


Qu'attendez-vous de la mairie?

On a l'impression que la mairie ne prend pas conscience de la gravité de la situation. Ils commencent à changer les plans d'urbanisme pour qu'on arrête de créer à tout bout de champ des hôtels. Ils auraient pu faire cela en 2005, ils ont attendu 2011. Toute la profession se demande pourquoi. Ensuite, il faut qu'on se bouge. Car faire venir des excursionnistes, comme ce fut le cas cet été avec le Voyage à Nantes, cela suffit. C'est un problème de com'. Nantes est une ville très bien perçue par les touristes comme le montrent les enquêtes de satisfaction. Mais Nantes n'est simplement pas identifiée comme une ville touristique. Il faut absolument changer cela.

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