Ayant repris il y a cinq ans la brosserie créée par leur grand-père, Jean-Baptiste et François-Marie Julio ont réussi à la positionner sur un nouveau marché. Tout en gardant leur coeur d'activité : la fabrication de brosses. Depuis plus de trente ans, Julio fabrique des brosses industrielles. Installées sur une chaîne de production, certaines servent à réaliser les dorures de biscuits. D'autres nettoient les légumes. D'autres encore sont utilisées dans les stations d'épuration, dans l'industrie aéronautique ou pharmaceutique. Inconvénient de cette activité : « Toutes nos brosses étant fabriquées sur mesure, notre activité est très dépendante des besoins de nos clients. L'activité est très fluctuante et très saisonnière », explique Jean-Baptiste Julio.
Du B to B au B to C
Le duo de dirigeants décide alors de se tourner vers une autre cible : le grand public. La TPE fabrique désormais des balais, des brosses à légumes, des balayettes, etc. « On a fait appel à des designers pour concevoir nos gammes. On est dans la recherche de l'authenticité. On a ressorti de vieux gabarits, qu'on a parfois revisités. On est dans le vintage, le design. On veut redorer le blason des articles de brosserie qui étaient il y a 50 ans des produits nobles », explique le dirigeant nantais. Gros avantage de cette diversification : la TPE n'a pas besoin d'adapter son outil industriel ou de former ses salariés pour fabriquer les quelque 80 nouvelles références qui arborent la marque « Andrée Jardin », nom de la grand-mère des dirigeants. Outre la phase de conception, le principal challenge de la petite entreprise fut de réussir à financer ses premiers stocks. Pour cela, Julio a eu besoin de 80.000 euros, apportés par emprunt bancaire et par une avance remboursable à taux zéro du dispositif AID de la CCI de Nantes Saint-Nazaire. Commercialisées depuis trois ans sur internet et par une centaine de détaillants (boutiques de cuisine et drogueries), les brosses grand public de Julio se vendent comme des petits pains. « L'activité double tous les ans. Elle représente aujourd'hui environ un tiers du chiffre d'affaires de l'entreprise, qui est de 800.000 euros », explique Jean-Baptiste Julio.
Export
Cerise sur le gâteau : les pièces sont commercialisées jusqu'au Japon ou au Canada. « On a participé à un salon à Paris où il y avait beaucoup de visiteurs étrangers pour qui le made in France est gage de raffinement et d'art de vivre. La première année, grâce à cela, on a même davantage vendu à l'étranger qu'en France », explique le dirigeant qui commence à attaquer les marchés scandinaves.
S.V.
Fabriquant des brosses, la TPE nantaise Julio est parvenue à diversifier ses produits et sa clientèle sans investir dans son outil de production.