Nancy couronne : Capitale économique protéiforme
# Conjoncture

Nancy couronne : Capitale économique protéiforme

Capitale économique sans rivale du département, Nancy couronne concentre une grande partie de ses richesses et fleurons, mais également la moitié des bénéficiaires du RMI. Son développement semble dépendre autant de la grande métropole Nancy-Metz que de sa collaboration avec les territoires du Sud.

Comme toutes les grandes agglomérations, Nancy et sa couronne occupent une place à part dans son département. De par son poids économique (il génère la moitié des créations d'entreprises du département), ce territoire est unique. Mais il n'est pas sans présenter de multiples visages, parfois contradictoires. Ainsi, alors que le secteur tertiaire représente la moitié des entreprises et 52% des emplois (170.000), près de 40% des établissements de plus de 100salariés appartiennent au grand secteur de l'industrie-construction.




Sans identification...

Cette grande concentration sectorielle n'a pourtant pas débouché sur une spécialisation forte. «Contrairement à Toulouse, immédiatement associée à l'aéronautique, Nancy n'est pas caractérisée par une spécialisation, mais un territoire diversifié», relève Mathieu Klein, vice-président du conseil général en charge de Nancy couronne. Le secteur de la santé y est cependant particulièrement développé, avec 26.000salariés.




... mais pas sans excellence

«Le développement des investissements autour de la santé est un choix politique fort», appuie l'élu. Le secteur bénéficie également d'un environnement universitaire privilégié, comparable en taille à celui de Bordeaux, supérieur à Strasbourg, doté d'équipes de très hauts niveaux, notamment dans la médecine nucléaire. Le territoire possède également une concentration importante d'établissements universitaires en matière de génie logiciel (Esial, Loria, Inria). Pourtant, il ne compte paradoxalement aucun site des grands développeurs ou fabricants du domaine d'activité. Autre pôle d'excellence, l'École nationale supérieure d'agronomie et des industries alimentaires est le symbole, avec le Pôle agroalimentaire lorrain, d'une filière dynamique. Elle est notamment représentée par Saint-Hubert, Pat, IFBM Qualtech (voir ci-contre), Alsa ou encore Schweitzer, qui s'est implantée sur le Dynapôle en 2008 et produit des sacs à partir de fécules de pommes de terre. Nancy se révèle également contrastée en matière sociale. Si l'agglomération accueille des emplois de qualification ingénierie qu'on ne trouve pas ailleurs dans le département, elle concentre dans le même temps 55% des bénéficiaires du RMI de la Meurthe-et-Moselle et six zones urbaines sensibles, qui regroupent 40.000habitants.




L'axe Nancy Metz

Le territoire est également partagé entre le Nord, et la métropolisation Metz-Nancy, et le Sud, où ses faiblesses de réserve foncière l'obligent à se tourner. «À nos yeux, le développement économique du territoire passe autant par le développement de la métropole Metz-Nancy Lorraine que par une collaboration avec les territoires du Sud», confirme Mathieu Klein. Ainsi, tant la plateforme multimodale qui se dessine à Metz que la base de Rosières représentent pour la collectivité des équipements au service du développement économique de la grande métropole.

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