En reprenant fin 2022 la société sarthoise MSTC, à Écommoy, Sophie Monteil a tout de suite saisi le potentiel de l’entreprise de cartonnerie haut de gamme. Avec un bémol, celui de son nom : "J’ai découvert une entreprise qui ne communiquait pas vers l’extérieur, témoigne Sophie Monteil, avec un nom qui ne disait rien de son niveau de savoir-faire. Le changer est l’une des premières choses que j’ai voulu faire en arrivant." Ingénieure des Ponts et Chaussées, après 25 ans passés au sein d’un grand groupe spécialisé dans la gestion des déchets qu’elle a quitté fin 2021, Sophie Monteil souhaitait reprendre une structure en respectant plusieurs critères qu’elle s’était imposés. "Je voulais une entreprise saine, explique-t-elle, avec un savoir-faire d’excellence, d’au moins dix personnes et dans un quart nord-ouest de la France. MSTC correspondait parfaitement à ce que je recherchais", explique-t-elle.
Retours positifs
Après avoir pris ses marques au sein de l’entreprise née en 1983, il aura fallu deux ans à la nouvelle dirigeante pour lui donner une nouvelle identité : "Atelier Iscomée - Haute cartonnerie française". Un nom inspiré de la ville qui l’accueille, Écommoy tirant son patronyme français de son nom latin Iscomodiacus. Sophie Monteil a choisi de travailler sur cette nouvelle appellation avec ses collaborateurs et plusieurs clients. "Les premiers retours sont très positifs, affirme-t-elle, car cela raconte quelque chose, plus que l’acronyme précédent qui pouvait être celui d’une entreprise de n’importe quel secteur d’activité."
De l’unité à la moyenne série
Atelier Iscomée compte parmi la dizaine de sociétés en France dans ce domaine du façonnage des cartons rigides haut de gamme et travaille pour des clients dans tout l’hexagone. "Nous fabriquons des boîtes, des étuis et des coffrets en cartons rigides rebordés, précise Sophie Monteil, de l’unité à la moyenne série de 3 000 à 4 000 pièces pour les boîtes et jusqu’à 15 000 pour les étuis. C’est un travail réalisé entièrement à la main par une dizaine de cartonnières." L’atelier œuvre à 30 % pour l’imprimerie en sous-traitance, tout autant pour l’édition et l’industrie du luxe. Pour les 10 % restant, Atelier Iscomée livre des musées et des bibliothèques patrimoniales, avec par exemple la réalisation de cartons garantissant la conservation de documents.
Formation en interne
Actuellement, Atelier Iscomée compte 22 personnes pour un chiffre d’affaires de 1,9 million d’euros. "Il n’existe pas de formation dans nos métiers, ajoute Sophie Monteil. L’apprentissage se fait par transmission en interne du savoir-faire et il faut un an à un an et demi pour le maîtriser. Nous travaillons entre autres avec France Travail qui a élaboré un système de recrutement par simulation, avec des exercices spécifiques à notre métier, ce qui permet de présélectionner des candidats."
Améliorer la visibilité
Le changement de nom de MSTC n’est pour Sophie Monteil qu’une première étape : "Nous allons maintenant l’accompagner pour le diffuser largement auprès de nos clients, confie Sophie Monteil, de même que nous allons aussi refondre notre site internet pour améliorer notre visibilité. " Une visibilité que la dirigeante aimerait voir aussi s’exporter. " Nous avons quelques clients en Belgique et j’avais envie lors de la reprise de travailler pour des clients allemands ou suisses, poursuit-elle, mais je n’ai pas encore trouvé les bonnes portes d’entrée. De plus, nos produits sont déjà montés avant d’être expédiés et nous transportons beaucoup de vide, ce qui augmente le coût des longues distances."