Moyen de paiement Le 35 veut sa monnaie
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Moyen de paiement Le 35 veut sa monnaie

Insolite Le conseil général d'Ille-et-Vilaine engage une réflexion pour lancer sur le territoire une monnaie complémentaire. Comme l'a récemment fait Toulouse.

Une nouvelle monnaie pour l'Ille-et-Vilaine. Malgré les apparences, ce n'est pas une blague. Le conseil général, sous la férule de son président Jean-Louis Tourenne, annonce engager une réflexion afin de mettre en place dans les prochains mois une monnaie complémentaire. Que les europhiles se rassurent, le billet affichant la carte du vieux continent n'est pas prêt de disparaître au profit d'un morceau de papier à l'effigie du locataire de l'Hôtel de Département. Il s'agit simplement de proposer un moyen de paiement alternatif pour régler les services rendus par la collectivité. Avec plusieurs objectifs à la clef.




Expérience toulousaine

«Les acteurs publics ont oublié que la monnaie est avant tout un bien commun, au service de tous, et qu'elle est l'outil principal de fluidité des échanges, explique-t-on au conseil général. Toute monnaie nationale trouve ses limites au sein d'une économie mondialisée.» Et de citer des exemples de monnaies complémentaires en Belgique (le Res), en Suisse (le WIR) ou en Allemagne (le Chiemgauer). Monnaies dont les objectifs sont de «mettre l'économie au service des hommes, oeuvrer à une meilleure répartition des richesses ou encore à la création d'emplois.» Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de sortir des frontières de l'Hexagone pour voir une démarche similaire. Initiée en 2006 par Patrick Viveret, philosophe et ancien conseiller à la Cour des comptes, cette monnaie complémentaire est déjà utilisée dans cinq régions en France. Toulouse a par exemple récemment adopté ses Sols Violette. Un moyen de paiement permettant de régler titre de transport, entrée à la piscine ou abonnement à la médiathèque.




Effet d'annonce?

«Nous souhaitons amener la population à prendre conscience que l'argent n'est pas une fin en soi. Le Sol est un moyen de consommer localement et de manière plus responsable. La municipalité a ainsi investi 120.000 € dans cette expérimentation», explique Jean-Paul Pla, conseiller municipal toulousain, délégué à l'économie sociale et solidaire (ESS). Si cette monnaie vise à promouvoir les acteurs de l'ESS, toute entreprise en phase avec ces valeurs peut demander à utiliser ce mode de paiement. Pour Dominique Platon, fondateur de Mobilib, société coopérative d'intérêt collectif qui propose un service d'autopartage à Toulouse, le Sol est une bonne idée mais il faut rester prudent. «Sur le plan philosophique j'adhère, mais il faut veiller à ce que les procédures ne soient pas trop compliquées.» Reste désormais à savoir si le CG35 ira aussi loin que les Toulousains. Malgré nos demandes répétées, le Département n'a pas été en capacité de nous donner des informations complémentaires quant au projet breton. Mais peut-être était-ce simplement un effet d'annonce

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