Béaba, Antargaz, Bayer… L’agence de relations publiques lyonnaise Monet+Associés engrange les contrats avec de belles enseignes et déroule tranquillement son plan triennal. Plan qui doit la hisser dans le top 3 des agences indépendantes en France à horizon 2019. « Depuis sept ans nous bâtissons une agence RP qui réalise 30 % de croissance organique alors que nous évoluons dans un marché en récession de -2% », souligne son dirigeant, Julien Monet.
Pour tenir son pari, le président enchaîne les "coups". Dernière opération mi-décembre : le rachat de BAC, une petite agence parisienne de trois salariés et 300.000 euros de marge brute. Le dirigeant, tourné vers une stratégie offensive, a encore du mal à croire à quel point ce rachat fut semé d’embûches. « J’en parlerais des heures ! » ironise-t-il. Avec pourtant 25% de fonds propres, il n’a obtenu le feu vert de sa banque qu’après avoir décroché une contre-garantie délivrée par Bpifrance… qui elle-même a mis plus de deux mois pour répondre, tellement la banque publique est submergée de demandes.
Agroalimentaire
Mais cette croissance externe était nécessaire pour accélérer le tempo et atteindre 6 à 7 millions d’euros de marge brute d’ici 2020. D’autant que BAC entrait parfaitement dans le scope de Monet + Associés, qui travaille avec de grands noms de l’agroalimentaire : les papillotes Révillon, Toupargel, les bonbons Lutti, Marie… Parallèlement, la faible digitalisation de l’entreprise permet à Monet + Associés d’apporter une valeur ajoutée conséquente pour décupler les performances à venir. « L'acquisition de Bac est pour nous un test grandeur réelle, rappelle le dirigeant. On se donne quelques mois pour analyser les effets de son arrivée chez nous. Si ça marche, on multipliera ce genre d’opération en rachetant des agences non ou très peu digitalisées », projette Julien Monet.
Les ambitions de celui qui a repris le pilotage d’une agence fondée par sa mère (dont le capital est détenu à 95% par la famille Monet et 5% par l’associée et collaboratrice Véronique Bourgeois) se portent aussi vers l’international. Raison pour laquelle il a embauché Amaury Bataille, ex-directeur financier de Dior Moyen-Orient nommé directeur général de Monet + Associés en septembre. « Son arrivée correspond au besoin de structurer notre stratégie financière. Lorsque nos objectifs en France auront été atteints, nous sortirons de l’Hexagone ». Son rêve ? Ouvrir une agence à San Francisco.