Nous aurait-on menti? Pendant des années, on a expliqué que plus nos grands groupes étaient conquérants à l'international, plus on en profitait. C'était vrai, mais... ça ne l'est plus! C'est ce que montrent les chiffres du Département du Commerce américain. Durant la décennie 90, les grands groupes américains, (représentant 20% de l'emploi), ont créé 2,7millions d'emplois hors de leurs frontières et 4,4millions aux États-Unis. Cqfd. Pour un emploi créé à l'étranger, on a créé quasiment deux emplois à la maison. Mais cette dynamique s'est inversée. Dans les années 2000, les grands groupes américains ont continué d'embaucher massivement hors de leurs frontières, avec la création de 2,4millions d'emplois. Mais cette fois, ces mêmes groupes ont supprimé 2,9millions d'emplois sur le sol américain. Serions-nous entrés dans une logique de pure délocalisation vers les pays à faible coût de main-d'oeuvre? C'est plus subtil. La richesse est toujours là, mais les emplois sont partis. Le plus bel exemple, c'est l'Iphone, fabriqué en Chine, mais dont la valeur est captée par Apple en Californie. Les emplois sont en Chine, mais la richesse est pour Steve Jobs et son entourage. La mondialisation est moins partageuse. D'ailleurs, la foi américaine dans le capitalisme s'émousse. À la question: «Le libéralisme est-il le meilleur des systèmes?» La proportion d'Américains répondant «oui» est tombée à 59%, contre 87% en Allemagne et en Chine... Attention, les Américains vont bientôt devenir «Français» (à peine 31% de «oui» en France)!
PLANETE ECO par Axel de Tarlé