Neuf mois d'enquêtes, plusieurs ateliers de travail et une soixantaine d'entretiens avec des experts, élus, chefs d'entreprises et partenaires sociaux, auront été nécessaires à Yves Cousquer et Jean-Bernard de Cérou, mandatés part le Club Top 20*, pour livrer leur vision de la métropole marseillaise de demain. Un document intitulé ?Projet Archipel métropolitain: l'avenir de Marseille Provence?, qui entend s'opposer à la «vision monolithique de la métropole centralisatrice», en s'appuyant sur un «archipel métropolitain» riche de territoires spécifiques et complémentaires. Son périmètre? Le département des Bouches-du-Rhône. L'horizon? 2030. «Ce document stratégique dévoile notre vision, nos valeurs, mais aussi nos grandes ambitions pour la métropole», souligne Frédéric Chevalier, président du Club Top 20. Ainsi, 28 projets structurants ou d'accompagnement sont répertoriés, dont certains rencontrent auprès des forces économiques un écho particulier. «Par exemple, la création d'une autorité organisatrice des transports collectifs, cite Yves Cousquer. Ou encore le travail sur les pôles d'excellence, les technopoles, l'Étang de Berre». Et le consultant d'évoquer également le projet Vasco, qui vise à capter et à traiter le Co2 des grandes industries. «Sans oublier le renforcement de la stratégie internationale du territoire, de son port et de son aéroport, ajoute-t-il, pêle-mêle. Il faudrait également doter la métropole d'un opérateur pour le tourisme d'affaires et d'événements, et y organiser une grande Fête des communautés et des terroirs, équivalent local de la Braderie de Lille...»
Une gouvernance politico-économique ?
Incontestablement, les idées ne manquent pas. Mais au-delà d'une simple liste de projets, c'est avant tout une méthode qu'entendent promouvoir les responsables économiques locaux, dans ce qu'ils ont intitulé le ?Manifeste pour l'avenir de Marseille Provence?. « L'idée est de mettre en place une équipe technique spécifique à chaque projet, qui rendra compte à une direction constituée d'un binôme composé d'un élu territorial et d'un représentant des forces économiques», résume Frédéric Chevalier. Une direction elle-même chapeautée par une gouvernance politico-économique. «Aujourd'hui, nous interpellons nos élus, assène Jacques Pfister, président de la CCIM-P. Nous prenons conscience de notre retard et de nos ambitions. C'est une demande sérieuse. Nous ne sommes pas dans la menace, mais dans une logique de construction».
* Créé par la CCIM-P et l'UPE 13, le Club Top 20 rassemble 70 leaders du monde économique local.
Le club Top 20, les CCI Marseille-Provence et Pays d'Arles, ainsi que l'UPE 13, ont présenté cet été les résultats des travaux menés par Y. Cousquer et J.-B.de Cérou: ?Projet Archipel métropolitain, l'avenir de Marseille Provence?. Objectif: soumettre aux collectivités locales des projets et une méthode de travail.