Métropole : 106 maires ont porté une vision différente

Métropole : 106 maires ont porté une vision différente

Territoire Au Dock des Suds, l'Union des maires des Bouches-du-Rhône a voulu réaffirmer sa vision de la métropole et s'engager pour l'organisation des transports.

La rencontre se voulait une démonstration de force. Elle l'a été. 106 maires (dont 9 sur les 18 de MPM) sur les 119 que comptent les Bouches-du-Rhône se sont ainsi retrouvés au Dock des Suds, à Marseille, pour la première conférence territoriale organisée par l'Union des maires du département. À cette occasion, le projet d'Établissement public opérationnel de coordination (Epoc), porté par les élus locaux comme projet alternatif à la métropole, est entré en phase concrète avec une déclaration commune signée par tous les présidents des intercommunalités (excepté MPM) des Bouches-du-Rhône et le président du conseil général 13, Jean-Noël Guérini. À l'ordre du jour : la création d'un réseau de transport métropolitain organisé à l'échelle départementale. « Nous ne sommes pas anti-métropole et anti-Marseillais, nous sommes simplement contre la façon dont la métropole veut se faire », commente Roland Darrouzes, président de l'Union des maires du 13. « Notre première proposition, le pôle métropolitain, a été rejetée. Nous nous sommes remis au travail et nous allons réussir. La métropole se fera sans doute un jour, mais pas comme elle souhaitait se faire. S'il le fallait, nous serions capables de déposer nos écharpes sur le bureau du Préfet... », a-t-il ajouté. Pour Georges Cristiani, maire de Mimet, « l'affaire n'est pas simple », mais les maires ont, selon lui, toute légitimité à proposer leur vision de la métropole. « Nous réunissons toutes les obédiences qui dirigent la France et l'ensemble des élus l'ont été avec près de 80 % de participation ».




Une situation multi-polaire

Les élus ont voulu rappeler que le département des Bouches-du-Rhône n'est pas en déclin, mais présente plutôt des situations multi-polaires. « Nous regroupons neuf intercommunalités. Tout cela nous différencie de Lyon, de Lille ou même de l'Ile-de-France. Pourquoi le projet de métropole ne prend-il pas en compte les intercommunalités du Nord et de l'Ouest du département ? À cela, nous répondons par l'Epoc, qui englobe l'ensemble des collectivités. Nous ne voulons pas la centralisation des actions ». Ainsi, la signature de l'engagement pour une organisation départementale des transports avec la création d'un syndicat mixte qui se verrait doter de moyens. Le Département s'engageant en effet à mettre son budget transport au profit du syndicat mixte. « On ne peut pas imposer aux présidents des intercommunalités une organisation transport. Mais nous voulons construire dans la diversité et bien évidemment nous allons prendre en compte Marseille. Comment pourrions-nous réfléchir à l'organisation des transports sans intégrer Marseille ? », souligne Daniel Fontaine, maire d'Aubagne. « On vit sur un vieux fantasme qui consiste à dire : mettons-nous autour de la table et tout va se résoudre », ajoute Michel Tonon, maire de Salon. « Mais la dette de Marseille est cinq fois plus importante que celle des autres intercommunalités. Nous ne pouvons pas aider Marseille en paupérisant les autres territoires. Le monde économique nous pousse à réaliser la métropole. Mais il y a toujours deux CCI dans le département. Comment exiger des autres ce que l'on ne fait pas ? ».