Pour une PME locale c'est "Le" marché qui peut ouvrir la voie à une nouvelle dimension. En décidant de construire sa deuxième ligne de métro, Rennes Métropole offre un beau cadeau à des centaines d'entreprises de la région. Particulièrement dans le bâtiment et les travaux publics. Sur un budget global d'1,291milliard d'euros, le génie civil devrait tourner autour de 650millions d'euros. Et sur ce montant, «les deux tiers au moins sont accessibles aux entreprises régionales», estime Guy Malbrancke. Pour le directeur général délégué de la Semtcar - société d'économie mixte chargée par Rennes Métropole de passer et de signer les marchés - «ce sont donc au moins 400millions d'euros à partager.» Revue de détails des principaux lots avec le maître d'ouvrage.
Garage Atelier (GAT)
À l'image de celui implanté à Chantepie pour la ligne a, le futur garage atelier de la ligneb sera installé en bout de ligne, au sud. «Sur un terrain militaire qu'on est en train d'acquérir face au Crédit Agricole, de l'autre côté de la rocade», décrit Guy Malbrancke. «Une opération à 15millions d'euros divisée en sept lots. Les consultations auront lieu en 2013 et les travaux commenceront mi-2014.» Il s'agit d'un bâtiment à l'intérieur duquel Siemens greffera ses voies. Donc accessible à des acteurs locaux.
Tranchées couvertes, tunnel profond, viaduc
Au nombre de deux, d'une longueur chacune de 1.300 mètres, les tranchées couvertes seront creusées au Sud et au Nord. Le marché, qui comprend également les stations associées, est estimé à quelque 40millions d'euros. Construire un tunnel de sept kilomètres à 20 ou 25 mètres de profondeur nécessite un certain savoir-faire - et un tunnelier - que les locaux n'ont pas. Ce sont donc des groupes nationaux voire européens qui vont tenter de tirer le gros lot (150 à 200millions d'euros). Pour la ligne a, le groupement d'entreprises Campenon-Bernard avait remporté la mise, en association avec Dodin, Razel, GTM, Pico, Solétanche... Début des travaux en 2015. Tout comme le tunnel profond, le viaduc traversant Beaulieu jusqu'à Cesson-Sévigné nécessitera de faire appel à des majors. L'ouvrage complexe, d'une longueur de 2,9km, devrait coûter entre 50 et 60millions d'euros.
Stations du viaduc et second oeuvre
Ces bâtiments accessibles en surface sont ouverts aux PME locales. Deux marchés loin d'être anodins puisqu'ils sont estimés entre dix et douzemillions d'euros l'unité (pour moitié en génie civil). Pour les 13 des 15 stations à construire (Gare et Sainte-Anne déjà existantes), le second oeuvre sera groupé par lot de trois à cinq stations. «Plutôt trois afin de multiplier les lots et donc ouvrir à la concurrence», précise Guy Malbrancke. L'ensemble du second oeuvre groupé représente un marché de 60 à 80millions d'euros. Sans compter les équipements, ascenseurs, etc. qui font partie d'un autre lot. Ces marchés de 60 à 70millions d'euros sont plutôt réservés à des entités régionales de groupes nationaux. Toutefois, on devrait voir aussi des locaux porter un intérêt à des lots tels que la serrurerie fine ou la signalétique.
Parkings et marchés privés...
Trois parcs-relais sont prévus en bordure du futur métro. Pour l'un d'eux, d'une capacité de 400 places, le marché a été passé avec l'architecte parisien déjà sélectionné pour la station. Montant: cinq millions d'euros. En revanche, les deux parkings de 800 places chacun n'ont pas encore été notifiés. Il s'agit de parcs dits "en immeuble" nécessitant surtout du gros oeuvre. Montant estimé par parking: dix millions d'euros. On le sait, c'est la solution de l'industriel Siemens qui a été sélectionnée pour la voie et les rames de cette seconde ligne. Un groupe mondial à la fois maître d'oeuvre et ensemblier. «Il est donc susceptible de passer des marchés privés», note Guy Malbrancke. «Passerelles d'évacuation entre deux stations, électricité en courant fort, etc... : tout ça, il le sous-traite.» Et de rappeler que pour la ligne a, Siemens avait par exemple fait intervenir le Brestois Dourmap pour le câblage électrique.
Infrastructures Le chantier de la seconde ligne du métro rennais s'élève à plus d'1,2 milliard d'euros. Capté en partie par les entreprises locales et régionales.