L'hôtel Mercure et la Brasserie Edgar changent de main. Rachetés à la famille Vigo par le groupe Kerdonis de Mario et Anne Di Rosa. Des spécialistes de la maison de retraite médicalisée se diversifiant actuellement dans l'hôtellerie traditionnelle. «Nous ne sommes ni des industriels ni des financiers», résume Mario Di Rosa. «Nos trois enfants sont déjà les futurs repreneurs de l'ensemble.» De quoi permettre à Kerdonis de passer le cap des 20millions d'euros de chiffre d'affaires, avec 230 personnes à l'effectif. Dont 42 emplois au complexe hôtelier vannetais. Montant du rachat? Une valeur équivalente à trois fois le chiffre d'affaires de la cible. Soit environ dix millions d'euros. Un spécialiste de l'immobilier d'entreprise juge que «le calcul se base davantage sur le bénéfice que sur le chiffre d'affaires.» Un autre professionnel rappelle que «c'est la rentabilité qui permet de rembourser une dette.» D'après Mario Di Rosa, le chiffre d'affaires consolidé de l'ensemble était de 3,7millions d'euros en 2010. Il était en 2008 de 4,1millions d'euros, générés à 65% par l'hôtel.
3,2millions investis au départ
«Mon père a 69 ans, au bout d'un moment, il faut passer à autre chose», souligne Loïc Vigo dont la mère Janick présida la CCI du Morbihan. «Nous sommes trop petits pour prétendre être des industriels et trop gros pour rester familiaux. Du coup, le moindre investissement prend tout de suite de l'importance.» D'après Le Télégramme, quatre à cinqmillions d'euros ont déjà été investis en dix ans. À sa création l'hôtel avait nécessité 1,5million d'euros d'investissement. Ainsi que «1,7million d'euros» pour la Brasserie Edgar, selon Loïc Vigo.
73.000 couverts par an
Sous enseigne Mercure mais franchisé, Loïc Vigo affiche près de «58% de taux d'occupation pour le Mercure et une moyenne de 140 couverts extérieurs par jour pour la Brasserie Edgar. Soit plus de 73.000 couverts par an pour les deux établissements.» Le contexte vannetais est devenu hyperconcurrentiel: Atlanville, À l'Aise Breizh Café, la Brasserie Bleue... «En 36 mois, alors que la crise battait son plein, nous avons vu apparaître une offre de 3.600 couverts supplémentaires. Il y a eu inévitablement des transferts de marché. Nous sommes passés au travers mais je ne pense pas que ce soit le cas de tout le monde.» Difficile en tout cas de faire progresser sa part de marché dans une telle jungle. Côté rentabilité, «le groupe était à l'équilibre en 2010», selon Loïc Vigo. Pourtant, le Mercure affichait en 2008 un endettement structurel important qui grevait l'exploitation. L'agrandissement de l'hôtel et la création de la Brasserie avaient pris six mois de retard, avec un dépassement de travaux. «J'ai amené l'outil au maximum de ses possibilités, je pense désormais que l'avenir est aux regroupements», conclut Loïc Vigo, qui a déjà d'autres projets et reste de toute façon aux commandes de la boîte de nuit Villa Kirov.
Hôtellerie/Restauration Le groupe Kerdonis rachète l'hôtel Mercure et la Brasserie Edgar à la famille Vigo. Coût d'acquistion estimé : 10 millions d'euros.