«Après un très bon premier semestre dans le Morbihan, des signaux orange commencent à s'allumer», avance Jean Dumoulin, président du Medef Morbihan. Aux premières loges de l'économie réelle, La Poste observe une nette baisse des flux de courriers, types factures et commandes, ainsi que du trafic des colis, dès le mois de juillet. Les programmes de constructions neuves ne sont plus en chantier. «Les professionnels du bâtiment n'en peuvent plus après deux ans de crise. Ils ont pris du volume mais pas de marge. Ils égratignent leurs trésoreries», constate le P-dg des Constructions Dorso. Et pour couronner le tout, le tourisme accuse une fréquentation en baisse de 12% cet été.
Imaginer le pire pour le contourner
À cela s'ajoute un contexte international particulièrement chahuté: la faillite de la Grèce, la dégradation de la note des États-Unis, de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal... Un CAC 40 qui perd 30% de sa valeur en six mois et la côte des trois plus grandes banques françaises, Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole, qui chute de moitié. «Autant dire que le moral est à zéro», estime Jean Dumoulin. Mais avant que les choses n'empirent, le nouveau président du Medef Morbihan a décidé de prendre le taureau par les cornes. Et d'imaginer le pire pour réussir à l'éviter. «Nous sommes vigilants sur deux aspects. L'octroi des crédits d'investissements et la fiscalité locale», précise-t-il. Alors pour anticiper et prévenir les maux, le Medef Morbihan met en place deux observatoires. Le premier, consacré aux crédits, tient à défendre les projets des entreprises qui se voient refuser un crédit bancaire. «Nous intervenons avant le médiateur, pour voir d'où vient le problème et le résoudre», propose Jean Dumoulin. «La menace qui pèse sur les banques est celle du manque de liquidité à court terme. Pour l'heure, cette hypothèse est totalement récusée par les spécialistes», se réjouit-t-il. «Au contraire, c'est le moment d'investir! Les crédits ne coûtent pas chers!» L'ensemble des branches professionnelles, la Banque de France et Oséo sont parties prenantes dans cet observatoire du crédit.
Un outil de veille de la fiscalité locale
Le second concerne la fiscalité locale, à l'échelle régionale. Les Medefs bretons s'associent donc dans cette démarche de collecte de données. Les taux et taxes des communes et communautés d'agglomérations n'auront bientôt plus de secret pour eux. «Dans cette phase de préparation du budget 2012, nous craignons que l'État transfère la gestion de certaines tâches aux Régions et aux Départements sans pour autant leur affecter les ressources correspondantes», indique Jean Dumoulin qui ira à la rencontre des élus pour leur expliquer la démarche. Craignant de voir augmenter les impôts et taxes locales à destination des entreprises, le Medef souhaite être particulièrement vigilant sur la fiscalité locale. Et sensibiliser les élus avec un outil de veille. Les résultats obtenus par l'observatoire de la fiscalité locale devraient être livrés en décembre.
CONJONCTURE Préoccupé par la situation économique, le Medef Morbihan s'arme d'outils préventifs et reste vigilant vis-à-vis des banques et des collectivités.