Élu pour trois ans à la tête du Medef Loire, Éric le Jaouen nous dévoile son parcours de dirigeant, son engagement pour le territoire et les grands axes de sa mandature.
Votre parcours en bref?
J'ai 40 ans, je suis originaire de Saint-Étienne, diplômé de l'université Jean Monnet en Sciences Humaines et titulaire d'un DESS en Ressources Humaines. J'ai démarré mon parcours professionnel comme responsable RH au sein du comité français d'organisation France 98, avant de rejoindre le cabinet Michael Page à Paris puis à Lyon. En 2002, je suis revenu sur Saint-Étienne pour créer mon propre cabinet, Artes Conseil.
Et votre parcours syndical?
Dès 2003, j'ai senti le besoin de rompre l'isolement du dirigeant d'entreprise. Je suis entré au CJD Saint-Étienne avant d'en devenir le président de 2005 à 2007 et de prendre la présidence du CJD Rhône-Alpes de 2008 à 2010. Parallèlement, j'ai intégré en 2005 le conseil d'administration du Medef au titre du CJD. À l'époque, j'avais une vision très parcellaire de cette organisation patronale. Depuis, ça s'est clarifié.
C'est-à-dire?
Quand on est petit, on ne rêve pas d'aller au Medef, mais quand on y est, on peut y trouver un vrai intérêt. Au CJD, on travaille beaucoup sur sa posture de dirigeant et sur son entreprise. Au Medef, j'ai trouvé un esprit de défense des intérêts de l'entreprise et une action plus sur le territoire. Je me suis rendu compte que le Medef ne représentait pas que les très grandes entreprises. 90% des entreprises adhérentes au Medef Loire ont moins de 50 salariés.
La présidence du Medef Loire est donc une suite logique?
C'est effectivement la suite logique d'un engagement patronal sur le territoire, qui s'est accentué en 2007 avec Luc Brunel, qui m'a confié la présidence de la commission emploi, formation et développement durable. En trois ans, nous avons eu une action soutenue avec notamment la signature d'une convention avec l'université Jean Monnet. Convention qui a donné naissance en juin2010 à un guide des compétences sur 22 licences généralistes. L'objectif était de faire un guide qui serve à la fois à l'étudiant pour vendre ses compétences aux PME-PMI et à la fois à l'entreprise qui ne sait pas forcément ce que peut lui apporter un étudiant généraliste. Au-delà de cet engagement, j'avais aussi envie que les services soit représentés. Après, l'industrie et le BTP... C'est une vraie richesse pour le Medef Loire d'avoir une forme d'alternance dans les mandats.
Quels vont être les grands axes de votre mandature?
On va beaucoup travailler sur la notion de compétitivité équitable. On a des entreprises qui sont compétitives sur notre territoire, mais qui ont des difficultés. On voit bien la différence avec l'Allemagne. Pour l'instant, on a un petit fossé, il ne faut pas que cela devienne un grand écart. On va donc travailler à ce qu'une entreprise qui soit à Montbrison ou à Saint-Étienne puisse avoir le même degré de compétitivité qu'une entreprise qui se trouve à Munich ou à Berlin. Cela passe par un travail de veille permanent au niveau de la législation économique et social, mais aussi par plus de dialogue avec les banques. Le problème de nos entreprises, c'est la trésorerie. Et puis, il faut aussi travailler sur la formation et l'accompagnement. On a aujourd'hui, un vrai déficit de culture financière chez nos entrepreneurs.
Et le volet équitable?
On ne peut pas développer son entreprise si on est sur un territoire qui est malade, si on ne trouve pas les compétences sur son territoire... L'équité, c'est donc arriver à convaincre les entreprises d'avoir une attention sociétale. On n'a pas attendu 2010 pour travailler sur ces questions. L'équité, c'est le guide des compétences, c'est aussi tout le travail fait par les branches adhérentes auprès des enseignants. C'est aussi l'engagement que peuvent avoir les dirigeants de notre territoire pour travailler sur la lutte contre les discriminations et notamment sur le handicap via le club Handi Loire Entreprises. Bref, la compétitivité équitable, c'est dire: on respecte l'homme au coeur de l'entreprise, comme on doit respecter l'entreprise au coeur de la société civile.