Candidats ne veut pas forcément dire adversaires au Medef Bretagne. Ils sont deux à briguer la succession de Patrick Caré, qui se joue le 13 décembre. Dans le Morbihan, Pierrick Dano, vice-président du Medef Bretagne, président de la commission emploi et formation, ancien président de l'UE 56 ; en Ille-et-Vilaine, Joël Chéritel, président de l'UE 35 depuis 2006 et de son entreprise Rétis.
Un contexte délicat
D'emblée, Joël Chéritel, qui ne voulait pas médiatiser sa candidature, prévient : « Je n'ai pas souhaité faire appel à la presse pour relater l'ambiance d'une campagne... Ma position n'est pas non plus une position de silence absolu. Il est important, surtout dans le contexte actuel, que l'on aille jusqu'au jour de cette élection vers une convergence des idées et des équipes, pour que le Medef Bretagne se donne un nouveau président dans la sérénité la plus grande. » Il entend d'ailleurs poursuivre l'action de Patrick Caré dans une « voie de progrès et d'excellence ». Sa voix qu'il veut porter haut et fort dans l'intérêt des entreprises bretonnes, y compris en développant davantage les « passerelles » avec la CCIR.
Consensus et ouverture
Pas d'élection conflictuelle, le mot d'ordre est donc donné. Il n'y aura pas de querelles fratricides entre territoires. Le patronat breton veut s'afficher uni. Un patronat uni, c'est aussi la vision partagée par Pierrick Dano (P-dg de la holding Spoda à Vannes). « Il y a encore six mois je n'étais pas candidat. Aujourd'hui, j'ai mis en place une organisation au sein de mon entreprise qui me permettra, si je suis élu, d'assurer pleinement ma présidence. J'ai envie de faire bouger les lignes et je me reconnais pleinement dans le Medef combattif prôné par Pierre Gattaz. »De son côté, Joël Chéritel a « la conviction que cette présidence sera consensuelle ». À ses yeux, « il n'y a pas de si grandes différences... » Il prône le « travail collégial et collaboratif » avec les 20 membres du Medef Bretagne (soit 20.000 entreprises et 300.000 salariés) qu'il n'a pas choisis mais qui font l'élection. « Je ne viens pas avec un programme, je veux coconstruire ensemble les travaux qui nous attendent. » Pierrick Dano place, lui, sa candidature dans l'optique d'une gouvernance collégiale, « qui s'appuiera sur le savoir des branches professionnelles. Je suis également ouvert à ce que de nouvelles activités fassent leurs entrées. Pourquoi pas le commerce, l'informatique, le nautisme... C'est ouvert. » En cas d'élection, ce dernier a annoncé souhaiter associer son homologue à la présidence.Du côté du Finistère, Pierre Balland, président du Medef 29 connaît bien Joël Chéritel et beaucoup moins Pierrick Dano. Mais le Finistérien assure « réserver son jugement ». Il devait en effet rencontrer les deux candidats fin novembre, comme ses homologues des divers Medef territoriaux.Le Morbihannais opte pour un Medef breton plus représentatif. « En nous ouvrant plus encore aux branches et interprofessions, nous devons rassembler plus pour peser beaucoup plus. » Dans cette connexion des réseaux, Pierrick Dano veut aussi tendre la main à la CGPME pour défendre des intérêts communs.
Trois noms pour l'UE 35
Et en cas de victoire, quel successeur pour Joël Chéritel en Ille-et-Vilaine ? Les candidatures seraient ouvertes à compter du 9 décembre, pour une élection le 27 janvier. Trois noms circulent déjà : Philippe Jolivet, le président de l'agence Idea 35 et dirigeant de Sopral ; Bruno Cressard du cabinet d'avocats rennais Avoxa ; et Benoît Cabanis, dirigeant de Socah Hydraulique et président du groupement d'employeurs Helys et des JRCE. Pour Joël Chéritel, toutes ces envies de présidence, départementale comme régionale, sont le signe d'une « vitalité ».